- On méprise un homme qui est jaloux de sa femme parce que c’est un témoignage qu’il ne l’aime pas de la bonne sorte, et qu’il a mauvaise opinion de soi ou d’elle. Je dis qu’il ne l’aime pas de la bonne sorte, car s’il avait un vrai amour pour elle, il n’aurait aucune inclinaison à s’en défier; mais ce n’est pas proprement elle qu’il aime, c’est seulement le bien qu’il imagine consister à en avoir seul la possession.
- Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances.
- Je suis comme un milieu entre Dieu et le néant.
- Passion est passivité de l’âme et activité du corps.
- Toute science est une connaissance certaine et évidente.
- Ce qui est vrai est simple.
- Je ne me fie quasi jamais aux premières pensées qui me viennent.
- La cause la plus ordinaire de la fièvre lente est la tristesse.
- L’une des principales parties de la sagesse est de savoir en quelle façon et pour quelle cause chacun se doit estimer ou mépriser.
- Toutes les choses qu’on fait faire aux chiens, aux chevaux et aux singes ne sont que des mouvements de leur crainte, de leur espérance ou de leur joie, en sorte qu’ils les peuvent faire sans aucune pensée.
- J’ai toujours eu un extrême désir d’apprendre à distinguer le vrai d’avec le faux pour voir clair en mes actions et marcher avec assurance en cette vie.
- Il n’y a de science qu’avec l’intuition et la déduction.
- Sur un seul point la puissance de Dieu est en défaut : il ne peut faire que ce qui est arrivé ne soit pas arrivé.
- L’amitié à moitié ne se peut exister car hors la première et bonne moitié se peut alors exister l’inamitié.
- Et quelquefois la durée du bien cause l’ennui ou le dégoût, au lieu que celle du mal diminue la tristesse. Enfin, du bien passé vient le regret, qui est une espèce de tristesse, et du mal passé vient l’allégresse, qui est une espèce de joie.
- La coction, comment se ferait-elle en l’estomac, si le coeur n’y envoyait de la chaleur par les artères ?
- Si la partie est fort inégale, il vaut mieux faire une honnête retraite ou prendre quartier que s’exposer brutalement à une mort certaine.
- Ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup davantage, s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s’en éloignent.