C’est cela le mariage, la même peur partagée, le même besoin d’être consolé, la même vaine caresse dans le noir.
1916-2000Source : Kamouraska (1970)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
C’est cela le mariage, la même peur partagée, le même besoin d’être consolé, la même vaine caresse dans le noir.
1916-2000Source : Kamouraska (1970)
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Le mariage peut accepter et même parfois s’enrichir de ce qui, pour l’amour, est une souffrance qu’il tolère mal.
Désir de vivre à deux et peur du couple : les amants s’installent de plain-pied dans cette contradiction impossible. On veut être ensemble, mais pas encore, pas complètement et d’une manière qui ne soit jamais définitive.
L’amour est gâché non seulement par le mariage, mais par la seule possibilité du mariage. Le spectre du mariage, agitant ses chaînes – les chaînes du mariage, il va sans dire ! – empoisonne tout amour avec une jeune fille.
Être heureuse, pour l’âme conjugale, c’est être pénétrée, possédée, assimilée toujours plus et toujours mieux ; c’est se diffondre dans l’amour. La suppression de toute distance est l’éternel vœu du cœur ; l’isolement est sa tristesse, l’individualité son supplice.
Le mariage est une chose et l’amour en est une autre. L’amour passe et le mari reste.
L’amour ne laisse pas de pâtir des lâchetés qu’il suggère. Sa seule chance de persister dans le mariage est que l’on soit l’un envers l’autre comme si on ne s’aimait pas.
Mais combien peu sont capables d’un mariage véritable, et combien peu aussi peuvent supporter la solitude. Il y a des liaisons de toutes espèces. Le mariage est une liaison éternelle.
Savoir jusqu’à quel point un mariage est heureux, c’est là une tout autre question et qui échappe au spectateur. Les enfants, les graves soucis d’argent, tant de choses secrètes peuvent ruiner le bonheur ; l’amour non plus n’échappe parfois pas à la ruine.
Voici comment le problème du mariage est posé : le mari attend et veut la paix, le calme plat et l’épuisement ; la femme rêve les émotions du commencement, les joies de l’âme, le mois d’avril, l’aube ! L’un veut dormir, l’autre s’éveille.
Hélas ! Il faut avoir expérimenté la vie pour savoir que le mariage exclut la passion, que la famille ne saurait avoir les orages de l’amour pour base.

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