On s’acharne pendant des années à imiter ce qui est, et on arrive à peine, par cette copie immobile et muette des actes de la vie, à faire comprendre aux yeux exercés ce qu’on a voulu tenter.
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- Nous vivons avec des idées qui, si nous les éprouvions vraiment, devraient bouleverser toute notre vie.
- Nous traînons toute notre vie des chapelets de mauvais vers et de maximes creuses qui nous font buter à chaque pas.
- Les autres voient notre présence, nos gestes, la façon dont les mots se forment sur nos lèvres; seuls, nous voyons notre vie. Cela est étrange : nous la voyons, nous nous étonnons qu’elle soit ainsi, et nous ne pouvons la changer.
- Vivre nous fait beaucoup progresser, pour peu que nous nous comportions comme des humains, pas comme des robots consommateurs, pour peu que nous soyons ouverts, curieux, flexibles et humbles.
- Nous nous accoutumons à la manière dont les choses se présentent, à l’aspect quotidien de la vie et une sorte de poussière, ou de voile, obscurcit notre vision, et la véritable nature miraculeuse de la vie sur Terre nous échappe.
- Une grande activité appliquée à des objets sérieux, finit toujours par nous réconcilier avec la vie.
- O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu’elle n’est qu’un reflet de notre mémoire.
- Ce qui donne sens à la vie est la cause que l’on s’efforce de défendre, le chemin que l’on tente de défricher. L’exigence de rigueur fait partie des attitudes qui valorisent ce cheminement.
- Les idées et les mots ont pris de la poussière qu’il faut au philosophe de la vie réinventer le langage à chaque instant, pour nommer les choses nouvelles.
- Une vie humaine paraît presque toujours incomplète. Elle est comme un fragment isolé dans un long message dont elle ne nous livre qu’une faible partie, souvent indéchiffrable.
- Les vieux objets ont résisté; ils portent en eux une expérience de la vie. Les objets neufs ne sont pas pubères; ils ne comprennent rien à notre solitude.
- Je l’interprète ainsi : les organes de la vie, les fonctions de notre organisme et celles de l’esprit, toutes ces propriétés et facultés du vivant comportent de quoi nous permettre de nous adapter, en quelque mesure, à ce qui va arriver.
- La vie prend son tour, fait ses propres exigences, écrit sa propre histoire, et en cours de route, nous commençons à réaliser que nous n’en sommes pas l’auteur.