On s’acharne, inutilement, pendant des années à imiter ce qui est ; et on arrive à peine, par cette copie immobile et muette des actes de la vie, à faire comprendre aux yeux exercés ce qu’on a voulu tenter.
Écrivain, 1850-1893On s’acharne, inutilement, pendant des années à imiter ce qui est ; et on arrive à peine, par cette copie immobile et muette des actes de la vie, à faire comprendre aux yeux exercés ce qu’on a voulu tenter.
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Source vérifiée
Sur l’eau (1888), chapitre 2
Le texte original diffère de quelques mots.
Les arts? La peinture consiste à reproduire avec des couleurs les monotones paysages sans qu’ils ressemblent jamais à la nature, à dessiner les hommes, en s’efforçant sans y jamais parvenir, de leur donner l’aspect des vivants.On s’acharne ainsi, inutilement, pendant des années à imiter ce qui est; et on arrive à peine, par cette copie immobile et muette des actes de la vie, à faire comprendre aux yeux exercés ce qu’on a voulu tenter.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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C’est si doux, les vieilles habitudes, même celles qui vous oppriment. Plutôt un malheur familier que ces nouveautés insolites, et cet effort encore pour comprendre, lorsqu’on atteint, rompu, la fin de la journée.
Il n’y a qu’une méthode pour inventer, qui est d’imiter. Il n’y a qu’une méthode pour bien penser, qui est de continuer quelque pensée ancienne et éprouvée.
La vie prend son tour, fait ses propres exigences, écrit sa propre histoire, et en cours de route, nous commençons à réaliser que nous n’en sommes pas l’auteur.
À quoi serviraient les expériences sans la perspective de les répéter ? La vie, au fond, était un nombre infini de variations sur un même thème.
La vie est une chose tellement hideuse que le seul moyen de la supporter, c’est de l’éviter. Et on l’évite en vivant dans l’Art, dans la recherche incessante du Vrai rendu par le Beau.
Nous traînons toute notre vie des chapelets de mauvais vers et de maximes creuses qui nous font buter à chaque pas.
Une grande activité appliquée à des objets sérieux, finit toujours par nous réconcilier avec la vie.
Il faut avoir vécu des années dans le rien pour comprendre comment on peut être subitement effrayé par une possibilité.
O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu’elle n’est qu’un reflet de notre mémoire.
On pense avec précipitation et on s’exprime avec soin, avec étude, avec effort. C’est un défaut du siècle.

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