L’Amour est fait de finesses, d’imperceptibles sensations. Nous savons qu’il est fort comme la Mort; mais il est aussi fragile que le verre. Le moindre choc le brise et notre domination s’écroule alors, sans que nous puissions la rééditer.
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- Mais cet amour est devenu quelque chose d’irrésistible, de destructeur, de plus fort que la mort.
- L’amour est nécessairement la cause de souffrances. L’autre est, avant tout, celui qui nous fait ou fera souffrir car il se dérobe toujours à nous, tôt ou tard, franchement ou par des voies détournées, consciemment ou inconsciemment, totalement ou partiellement.
- L’amour n’est pas fait pour nous rendre heureux. Je crois qu’il est fait pour nous révéler dans quelle mesure nous avons la force de souffrir et de supporter.
- Il est curieux qu’un premier amour, si, par la fragilité qu’il laisse à notre cœur, il fraye la voie aux amours suivantes, ne nous donne pas du moins par l’identité même des symptômes et des souffrances, le moyen de les guérir…
- L’amour est un abcès qui, à le nourrir, s’avive et s’envenime; c’est une frénésie que chaque jour accroît, et le mal s’aggrave si de nouvelles blessures ne font pas diversion à la première, si tu ne te confies pas encore sanglant aux soins de la Vénus vagabonde et n’imprimes pas un nouveau cours aux transports de ta passion.
- Parce que l’amour n’existe pas. C’est un mirage, une conception de l’esprit. Ou alors, si vous préférez, l’amour n’existe potentiellement que s’il ne se concrétise pas. Il est une émanation de l’esprit, fait d’espoir, d’attentes et de projections.
- Les gens disent qu’ils trouvent l’amour comme s’il s’agissait d’un objet caché sous une pierre. Mais l’amour prend des formes multiples et ce n’est jamais le même pour tout le monde. Ce que les gens trouvent alors est une certaine forme d’amour.
- C’est quand nous nous sommes blessés de nos propres mains, ou quand nous avons été blessés par des mains étrangères, que l’Amour devrait nous apporter ses soins. Sans cela à quoi l’Amour serait-il bon ?
- L’amour est un enchantement : jouissez-en sans chercher à connaître le charme qui nous amuse et qui nous séduit. Anatomiser l’amour, c’est vouloir s’en guérir. Psyché le perdit pour avoir voulu le connaître.
- L’amour, c’est comme la foudre : on n’en est nulle part à l’abri.
- Un amour n’est beau qu’autant qu’il est amour composé, réunissant le charme des sens et de l’âme. Il devient trivialité ou duperie, s’il se borne à l’un des deux ressorts.
- L’amour, c’est ce qui se passe dans cet objet vers lequel nous tendons la main par notre propre désir, et qui, au moment où notre désir fait éclater son incendie, nous laisse apparaître un instant cette réponse, cette autre main qui se tend vers nous comme son désir.
- Il faut que l’amour soit un enthousiasme, une puissance illimitée, une douceur surhumaine, une soif de déborder et d’écoute, la possibilité de coïncider avec soi, une ambition et une naissance - pas un sentiment.
- L’amour n’est pas naturel; et le désir lui-même ne l’est pas longtemps. Mais les sentiments vrais sont des oeuvres.