Quand on pense à des choses de ce genre : le mariage, la guerre, la prison, les estropiés nés, les tordus, les contrefaits, les idiots, les fous, les syphilitiques, on sent le prix du bonheur d’y avoir échappé - jusqu’ici, du moins.
Image : Quand on pense à des choses...

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- Quand on est heureux, il semble que l’on en soit fier; que le bonheur n’est pas jeté au hasard, mais que le choix que la fortune fait de vous pour vous caresser est une preuve et un témoignage de votre mérite.
- Beaucoup par un long âge ont appris comme vous que le malheur succède au bonheur le plus doux.
- Peu de choses dans ma vie m’ont effectivement passionné davantage que l’aspect pénal de notre monde. Si nous considérons cet aspect pénal de notre monde, c’est-à-dire de notre société, nous avons, comme on dit, de quoi nous étonner chaque jour.
- Comment sortir de soi ? Parfois cette chose arrive, qui fait que nous ne sommes plus enfermés : un amour sans mesure. Un silence sans contraire. La contemplation d’un visage infini, fait de ciel et de terre.
- Des mille formes de la vie, chacun ne peut connaître qu’une. Envier le bonheur d’autrui, c’est folie on ne saurait pas s’en servir. Le bonheur ne se veut pas tout fait, mais sur mesure.
- Dans ce monde déchu, voilà notre condition. Chaque bonheur représente un rayon de lumière entre les ombres, toute gaieté est associé au chagrin. Il n’est pas de naissance qui ne rappelle une mort, pas de victoire qui n’évoque une défaite.
- Il n’est pas certain que le bonheur survenu trop tard... Soit tout à fait le même que celui dont le manque nous rendait jadis si malheureux.
- Dans l’état du triomphe on peut goûter une jouissance d’orgueil telle, qu’elle donne l’illusion du bonheur. Mais cette surexcitation passagère est loin de la vraie et pure joie qui nous monte, au coeur quand nous sommes seuls.
- Malheureuse contrée, où les marques de génération sont ignominieuses, et où celles d’anéantissement sont honorables, comme s’il y avait quelque chose de plus glorieux que de donner la vie.
- Perdre la vie est peu de chose et j’aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d’existence, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison.
- La vie est ainsi disposée; ce qui fait le bonheur de l’un fait nécessairement le malheur de l’autre.
- Et là, tout devient simple. Il faut aimer ce qui advient, «amor fati», «aime ton destin», voilà ma formule pour toute chose. C’est d’ailleurs la formule de la joie, sinon du bonheur - du moins de la conjuration du malheur.
- Au fond, n’était-ce pas cela le bonheur ? Une parenthèse pendant laquelle, sans penser au passé ou à l’avenir, on arrive à s’enfuir de soi-même ?
- Ce qui pour nous fait le bonheur ou le malheur de notre vie consiste pour tout autre en un fait presque imperceptible.