Peut-être même que l’enfance, ça n’existe pas. Peut-être qu’à n’importe quel âge, on encaisse le monde comme il va et puis c’est tout. Et seulement certaines heures en s’écoulant font comme des marques noires qui vous construisent.
Image : Peut-être même que l’enfance, ça n’existe...

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- Je vois l’enfance comme une force extraordinaire dont on peut faire ce qu’on veut, où tout est possible, il ne s’agit pas d’un âge ni même d’une nostalgie, c’est une forme de lumière, ni noire ni blanche, une énergie.
- Nous sommes dans un âge critique, c’est-à-dire un âge où coexistent nombre de choses incompatibles, dont les unes et les autres ne peuvent ni disparaître, ni l’emporter.
- Moi je veux pas que l’enfance soit considérée comme un échafaudage. Y a des gens qui s’empressent de retirer l’échafaudage et ils oublient leur enfance. Je crois qu’un être doit être dans une permanente construction.
- Les premières années de notre enfance sont si éloignées qu’on ne les additionne pas toujours aux nouvelles. On a l’âge de son coeur.
- À vingt ans, on danse au centre du monde. À trente, on erre dans le cercle. À cinquante, on marche sur la circonférence, évitant de regarder vers l’extérieur comme vers l’intérieur. Plus tard, c’est sans importance, privilège des enfants et des vieillards, on est invisible.
- Quand on vieillit, toutes les choses que l’on a pas vues dans sa jeunesse, on n’y croit pas. Les autres, on les comprend moins. Il ne reste que ce qui est vrai.
- On n’est pas toute sa vie à l’école, vient l’âge où il faut mettre en pratique.
- Face au réel, ce qu’on croit savoir clairement offusque ce qu’on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l’esprit n’est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l’âge de ses préjugés.
- Mais je ne vois pas de solution parce que aujourd’hui, être jeune, ce n’est pas seulement un moment de la vie, c’est une condition de survie. Ce n’était pas comme ça, avant !
- Le temps, c’est rien que de la soustraction depuis qu’on naît, comme sur le cahier de mon père, et on n’en a même pas conscience tant qu’on est qu’une enfant.
- N’élevons pas nos enfants pour le monde d’aujourd’hui. Ce monde n’existera plus lorsqu’ils seront grands. Et rien ne nous permet de savoir quel monde sera le leur : alors, apprenons-leur à s’adapter.
- L’enfance, c’est l’envers de la vieillesse : c’est ne rien savoir et pouvoir tout faire.
- Puisse l’enfance ne servir qu’à l’ornement de la vie et ne pas être immolée à des chimères !