À vingt ans, on danse au centre du monde. À trente, on erre dans le cercle. À cinquante, on marche sur la circonférence, évitant de regarder vers l’extérieur comme vers l’intérieur. Plus tard, c’est sans importance, privilège des enfants et des vieillards, on est invisible.
Image : À vingt ans, on danse au...

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- La vie réussit à nous trouver quand plus personne ne sait où nous sommes, pas même nous. Si loin que nous soyons, elle se fraye un passage. Si grande soit notre volonté de l’éviter, de la fuir dans un travail, dans un devoir, dans un sérieux - elle arrive, têtue, se moquant gentiment de nous, de la naïveté de nos projets, de la sagesse de nos calendriers.
- Il nous manque d’aller dans notre vie comme si nous n’y étions plus...
- La simple vie de chaque jour nous donne toute sa lumière puis s’en va, comme une invisible fiancée portant à son doigt une bague d’air, incrustée de silences scintillants.
- Danser, c’est apprendre à retrouver sa personne et sa dignité. Je donne des cours de danse à des exilés, je danse dans des hôpitaux pour les enfants. On est une nouvelle génération de danseurs et d’Étoiles qui a envie d’être plus près des gens.
- La danse sous toutes ses formes ne peut être exclue du cours de toute noble éducation : danser avec les pieds, avec les idées, avec les mots, et dois-je aussi ajouter que l’on doit être capable de danser avec la plume ?
- Les danses modernes ? Ce n’est plus de la danse, c’est de la décadence.
- La danse, n’est-elle pas la marche dans son apothéose; marche noble, dépouillée d’un but utilitaire, et libre comme un jeu d’enfant ?
- La bande, c’est l’essence de notre âge. C’est la seule façon de ne jamais être seul, à part le couple - mais les couples, nous les regardons dépérir et éclater chez nos parents, chez nos oncles et tantes, chez nos profs, partout.
- Pour tout bagage, on a vingt ans, on a l’expérience des parents On se fout du tiers comme du quart On prend l’bonheur toujours en r’tard Quand on aime, c’est pour toute la vie Cette vie qui dure l’espace d’un cri.
- Peut-être même que l’enfance, ça n’existe pas. Peut-être qu’à n’importe quel âge, on encaisse le monde comme il va et puis c’est tout. Et seulement certaines heures en s’écoulant font comme des marques noires qui vous construisent.
- Habiter dans la chambre chez tes parents quand t’as dépassé la barre de tes 24 ans donne vite le sentiment que la vie s’répète. Les vieux posters sur les murs crient : Défaite !
- Nos vies sont des cercles. Des cercles avec des évolutions illusoires, des tentatives de nous faire croire que le but n’est pas le point de départ. Alors qu’il est évident que nous nous dirigeons vers l’origine, la poussière.
- C’est une chose fragile que la lumière du jour. On y grandit. On y marche. On y attend quelque chose, on se sait trop quoi. Oui, mais voilà : où trouver la force d’attendre, quand le visage aimé est recouvert de terre ?
- Le monde des adultes m’apparaît comme un plancher sur lequel on croit pouvoir marcher, qui se révèle pourri, rongé par les termites du mensonge et du vice.
- Nous vivons dans un tableau, ici. Nous sommes emmurés ! On croit qu’on est au centre du monde, comme on dit. Mais c’est le paysage, le décor, qui finit par vous dégouliner dessus. Une sorte de vernis quotidien de résignation. De renoncement...