Que de chefs-d’oeuvre gagnent, en vérité, à ne pas être lus. D’où cette passion aveugle que vouent à la littérature ceux qui ne lisent pas.
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- Ecrire est une manière de mettre en scène le secret, l’interdit, la passion, l’énigme, l’inachevé, l’inavouable.
- Certains journalistes parlent d’un livre sans l’avoir feuilleté par conscience professionnelle afin de se trouver dans les conditions exactes d’ignorance du public auquel ils s’adressent.
- Nous sommes lus par des lecteurs informés, spécialistes, à qui on ne peut plus ni faire la morale ni raconter des bobards. On ne peut plus faire croire que Tintin ce n’est pas Hergé.
- La plupart des gens sont enfermés dans une existence solitaire, une vie restreinte par le manque d’imagination des limites que ne connaissent pas les lecteurs.
- Plus de la moitié de la culture intellectuelle moderne dépend de ce qu’on ne devrait pas lire.
- Les très bons écrivains écrivent peu parce qu’il faut beaucoup de temps pour réduire en beauté leur abondance ou leur richesse.
- Je me demande comment tous ceux qui n’écrivent pas, ne composent ni ne peignent, parviennent à échapper à la folie, à la mélancolie et la peur panique qui sont inhérentes à la condition humaine.
- Qui dira la tristesse des secrétaires de rédaction sommés de faire composer en très gros caractères des noms de confrères au talent très mince ?
- Cette frontière-là, entre les lecteurs et les autres, est plus fermée encore que celle de l’argent. Celui qui est sans argent manque de tout. Celui qui est sans lecture manque du manque.
- Un livre vous déplaît : qui vous force à le lire ? Laissez mourir un fat dans son obscurité : Un auteur ne peut-il pourrir en sûreté ?
- Je connais des écrivains qui se font gloire de leur orgueil. Il n’y a vraiment pas de quoi. Rien n’est plus ridicule que l’orgueil. C’est un sentiment qui ne va jamais sans envie et qui n’est que l’hypertrophie puérile de la vanité.
- Maints éditeurs, pareils à d’adroits couturiers, se chargent d’habiller le livre de manière à séduire des acheteurs dont l’oeil est plus accessible que l’intelligence.
- Il y en a qui sont écrivains sans pouvoir écrire et d’autres qui écrivent sans être écrivains. Il y a la nature et il y a le talent. Il y a aussi l’absence de l’un comme de l’autre.
- Les romans, la poésie, le théâtre, c’est quand même un bon moyen de connaître des tas de gens, les auteurs, de façon très intime, et sans tout le tralala social qui brouille un peu les cartes.
- On représente souvent la littérature comme une pyramide au sommet de laquelle il y a les grands auteurs, ceux qu’on doit absolument lire, puis tous les autres, qu’on peut oublier. Je ne vois pas vraiment les choses ainsi.