Les romans, la poésie, le théâtre, c’est quand même un bon moyen de connaître des tas de gens, les auteurs, de façon très intime, et sans tout le tralala social qui brouille un peu les cartes.
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- Un faiseur de romans et un poète de théâtre est un empoisonneur public, non des corps, mais des âmes.
- Il existe un bon style de théâtre comme un bon style de roman, mais ils n’ont aucun rapport. La langue qui s’entend est toute différente du style qui se lit. La parole du dramaturge est secondée par l’expression du visage de l’acteur.
- Les personnages vont jusqu’au bout de leurs impulsions, de leurs pensées. Ils atteignent par là à cette vérité générale qui est le but même du théâtre, tout en demeurant extrêmement typés et marqués par leur temps.
- Tout m’intéresse, surtout la vie des autres. La mienne n’a aucun intérêt. Ma passion, ce sont les auteurs. Je veux tout connaître d’eux.
- Lire un roman est un art difficile et complexe. Il faut être capable non seulement d’une grande finesse de perception, mais d’une grande hardiesse d’imagination.
- Un art sans spectateur est inconcevable et l’idée de la participation est évidente, dès lors qu’un récepteur peut faire siens les sentiments ou les pensées d’un auteur, et vivre en accord avec eux.
- C’est qu’il est fort malaisé de parler littérature avec des littérateurs. Car les uns sont occuper à subsister, les autres à flatter, la plupart à médire, et tous si épris de leurs oeuvres que nul ne peut les en distraire.
- Il faut toujours une séparation d’avec les autres gens autour de la personne qui écrit des livres. C’est une solitude. C’est la solitude de l’auteur, celle de l’écrit.
- L’amour commun des livres crée la plus bienfaisante des solidarités : celle de l’ordre, de la méthode, de la clarté, du travail, de l’étude. Il n’y a pas de goût plus noble.
- Un mot n’est pas qu’un mot, et c’est le problème particulier de l’écrivain. Un mot est chargé de souvenirs, d’histoire, de joies, de douleurs, celles des lecteurs, de l’écrivain lui-même.
- La vie des écrivains, c’est plus important que les livres. On entend le mensonge et on entend la vérité, on entend le dedans et on entend le dehors, on est en soi et on est hors de soi.
- Il y en a qui sont écrivains sans pouvoir écrire et d’autres qui écrivent sans être écrivains. Il y a la nature et il y a le talent. Il y a aussi l’absence de l’un comme de l’autre.
- Tant que la lecture est pour nous l’initiatrice dont les clefs magiques nous ouvrent au fond de nous-mêmes la porte des demeures où nous n’aurions pas su pénétrer, son rôle dans notre vie est salutaire.
- Il n’est pas d’entreprise plus raisonnable que de parler de soi, plus agréable pour l’auteur et ses lecteurs, et soin plus nécessaire, du moins plus avouable.
- Je ne suis pas de ceux qui pensent que l’écrivain doit vivre dans une tour d’ivoire. La vie littéraire se fait aussi dans les cocktails.