La vie des écrivains, c’est plus important que les livres. On entend le mensonge et on entend la vérité, on entend le dedans et on entend le dehors, on est en soi et on est hors de soi.
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- La parole est un acte pour les écrivains. C’est un acte dont on parle. Et donc ça fait des choses, ça produit des effets, ça agit. Ce n’est pas un jeu, un ensemble de règles de toutes sortes.
- Les livres n’ont pas d’importance : il n’y a que la vie qui importe, et seuls méritent d’être lus les livres qui se mettent à son service - seuls méritent d’être lus, en conséquence, les auteurs qui savent que les livres n’ont pas d’importance !
- Nous sommes tous, dans les fictions continues de nos vies, dans nos mensonges, dans nos accommodements avec la réalité, dans notre désir de possession, de domination, de maîtrise de l’autre, nous sommes tous des romanciers en puissance. Nous inventons tous notre vie.
- Un écrivain est grand non par lui-même mais par la grandeur de ce qu’il nomme, et je ne sais pas d’autre grandeur que celle de la vie faible, humiliée par le monde.
- Il n’est pas d’entreprise plus raisonnable que de parler de soi, plus agréable pour l’auteur et ses lecteurs, et soin plus nécessaire, du moins plus avouable.
- Il faut toujours une séparation d’avec les autres gens autour de la personne qui écrit des livres. C’est une solitude. C’est la solitude de l’auteur, celle de l’écrit.
- Écrire, c’est au mieux une vie solitaire... Un écrivain accomplit son oeuvre dans la solitude et, s’il est suffisamment bon écrivain, il doit chaque jour faire front à l’éternité ou à l’absence d’éternité.
- Si vous ne voulez pas qu’on vous oublie, le jour où vous serez mort et pourri, écrivez des choses qui valent la peine d’être lues ou faites, des choses qui valent la peine d’être écrites.
- Cela m’est égal que d’autres aient écrit avant moi ce que je suis en train d’écrire, car c’est à la vie et non dans les livres que je prends mon bien.
- Pour savoir écrire il faut avoir lu, et pour savoir lire il faut savoir vivre : voilà ce que le prolétariat devra apprendre d’une seule opération, dans la lutte révolutionnaire.
- Les grandes oeuvres sont toutes des vengeances, les chefs-d’oeuvre sont tous des revanches. Je crois que c’est la loi de fer des écrivains : ils ne réussissent leurs livres que dans la mesure où ils ont raté leur vie.
- Il y en a qui sont écrivains sans pouvoir écrire et d’autres qui écrivent sans être écrivains. Il y a la nature et il y a le talent. Il y a aussi l’absence de l’un comme de l’autre.
- C’est quoi, cette putain d’idée sur l’écriture ? Qu’elle sauve celui qui écrit ? Elle sauve celui qui a préféré écrire que vivre. Les chagrins ne s’effaceront pas au nombre de pages écrites. Il faut avoir placé l’écriture plus haut que sa vie.
- Un livre c’est toujours une vie. Parfois la vie de celui qui l’a écrit, parfois la vie de quelqu’un d’autre. Parfois les deux.
- Les romans, la poésie, le théâtre, c’est quand même un bon moyen de connaître des tas de gens, les auteurs, de façon très intime, et sans tout le tralala social qui brouille un peu les cartes.