Les très bons écrivains écrivent peu, parce qu’il leur faut beaucoup de temps pour réduire en beauté leur abondance ou leur richesse.
Essayiste, 1754-1824 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Les très bons écrivains écrivent peu, parce qu’il leur faut beaucoup de temps pour réduire en beauté leur abondance ou leur richesse.
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Source vérifiée
Pensées, essais et maximes, tome 1 (1850), Texte entier
Le texte original diffère de quelques mots.
… Qui connaîtrait Bossuet, sans ses oraisons funèbres et son discours sur l’histoire universelle? Pascal, La Bruyère, Vauvenargues et La Rochefoucauld; Boileau, Racine et La Fontaine, n’occupent que peu de place, et ils font les délices des délicats.Les très-bons écrivains écrivent peu, parce qu’il leur faut beaucoup de temps pour réduire en beauté leur abondance ou leur richesse.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Epanchement : Défaut fréquent chez les écrivains, et qui peut s’avérer dangereux, car à force de s’épancher, l’écrivain risque une mauvaise chute.
Il y en a qui sont écrivains sans pouvoir écrire et d’autres qui écrivent sans être écrivains. Il y a la nature et il y a le talent. Il y a aussi l’absence de l’un comme de l’autre.
C’est qu’il est fort malaisé de parler littérature avec des littérateurs. Car les uns sont occupés à subsister, les autres à flatter, la plupart à médire, et tous si épris de leurs œuvres que nul ne peut les en distraire.
La poésie ne permet guère que l’on se partage, et un art si sublime et si pénible se peut rarement allier avec l’embarras des affaires et les occupations tumultuaires de la vie.
Tout ouvrage de génie, épique ou didactique, est trop long, s’il ne peut être lu dans un jour.
Que de chefs-d’œuvre gagnent, en vérité, à ne pas être lus. D’où cette passion aveugle que vouent à la littérature ceux qui ne lisent pas.
Celui qui aime la littérature n’aime ni l’argent, ni les tableaux, ni les bibelots, ni le reste.
Les bons écrivains touchent souvent la vie du doigt. Les médiocres ne font que l’effleurer. Les mauvais la violent et l’abandonnent aux mouches.
Un écrivain est grand non par lui-même mais par la grandeur de ce qu’il nomme, et je ne sais pas d’autre grandeur que celle de la vie faible, humiliée par le monde.
Face aux occupations jugées presque toutes rebutantes des journées qui viennent, l’obsession écrivassière hante mon louche demi-sommeil.

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