Certains journalistes parlent d’un livre sans l’avoir feuilleté par conscience professionnelle afin de se trouver dans les conditions exactes d’ignorance du public auquel ils s’adressent.
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- C’est parce qu’ils pratiquent le respect vigoureux des propos qu’on leur tient que certains journalistes écrivent parfois n’importe quoi.
- Les exemples de contemporains amis qui se fâchent après la lecture d’articles révélant leurs soi-disant fâcheries, sont si nombreux qu’on ne saurait soutenir sans injustice que les journalistes n’ont aucune influence.
- Titres : Dans la vie comme dans la presse, sont d’autant plus gros qu’ils annoncent peu de choses.
- Le fait même de percevoir, de porter attention, est du genre sélectif : chaque attention, chaque fixation de notre conscience, comporte une omission délibérée de ce qui ne nous intéresse pas.
- La conscience est à la fois scrupuleuse et hypocrite. Elle s’accuse, mais elle fuit devant la vérité, parce qu’elle veut ignorer la cause réelle de ses tourments.
- L’ennui avec les interviews, c’est qu’il faut répondre du tac au tac à un journaliste tout ce qu’on n’a pas su se répondre à soi-même toute sa vie.
- Celui qui prétend que, dans la vie professionnelle, on s’occupe de faits et non de fiction n’a jamais lu de vieilles projections à cinq ans.
- Cette instruction, que chaque homme peut recevoir par les livres dans le silence et la solitude, ne peut être universellement corrompue : il suffit qu’il existe un coin de terre libre, où la presse puisse en charger ses feuilles.
- Le journalisme est un métier où l’on passe la moitié de sa vie à parler de ce qu’on connaît pas et l’autre moitié à taire ce que l’on sait.
- En littérature, j’ai très souvent remarqué qu’une œuvre de qualité est fondamentalement ignorée si elle n’est pas publiée par une célèbre maison d’édition. Les plus petits éditeurs, moins prestigieux, ne jouent aucun rôle dans les revenus publicitaires des grands médias diffusant de la critique littéraire, et le cynisme prospère librement au coeur de la sauvagerie du marché. Le concept d’un terrain de jeu partagé équitablement par tous est aussi grotesque que celui de la paix dans le monde.
- L’habileté des grands journalistes est de pouvoir faire dire à l’imbécile qui les lit : "C’est tout juste ce que je pensais ! ".
- Que de chefs-d’oeuvre gagnent, en vérité, à ne pas être lus. D’où cette passion aveugle que vouent à la littérature ceux qui ne lisent pas.
- Je ne crois pas que, dans toute l’histoire de la littérature, on puisse trouver un autre écrivain qui ait placé ainsi sa confiance dans la force de ce qui est dit plutôt que dans la façon de le dire.
- Plus de la moitié de la culture intellectuelle moderne dépend de ce qu’on ne devrait pas lire.
- Le principe des éditeurs, c’est de n’aimer que ce qu’ils éditent et de faire croire le contraire : qu’ils n’éditent que ce qu’ils aiment. Allons, ils ne sont pas assez sûrs de leur jugement pour ça.