Maints éditeurs, pareils à d’adroits couturiers, se chargent d’habiller le livre de manière à séduire des acheteurs dont l’œil est plus accessible que l’intelligence.
Écrivain, 1868-1955Maints éditeurs, pareils à d’adroits couturiers, se chargent d’habiller le livre de manière à séduire des acheteurs dont l’œil est plus accessible que l’intelligence.
Écrivain, 1868-1955Partager sur
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Oeuvres complètes
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Le principe des éditeurs, c’est de n’aimer que ce qu’ils éditent et de faire croire le contraire : qu’ils n’éditent que ce qu’ils aiment. Allons, ils ne sont pas assez sûrs de leur jugement pour ça.
La profondeur vient de l’intelligence du lecteur et non de la pensée exprimée. Un livre est moins un effet qu’une cause.
Il n’est pas d’entreprise plus raisonnable que de parler de soi, plus agréable pour l’auteur et ses lecteurs, et soin plus nécessaire, du moins plus avouable.
L’impression est pour l’écrivain ce qu’est l’expérimentation pour le savant, avec cette différence que chez le savant le travail de l’intelligence précède et chez l’écrivain vient après.
Je connais bien plus agaçant que les auteurs qui font constamment de l’esprit ; ce sont ceux qui font constamment de l’intelligence.
Que de chefs-d’œuvre gagnent, en vérité, à ne pas être lus. D’où cette passion aveugle que vouent à la littérature ceux qui ne lisent pas.
Il y a des livres plus utiles par l’idée qu’on s’en fait que par la connaissance qu’on en prend.
Le bon goût en littérature est, à quelques égards, comme l’ordre sous le despotisme, il importe d’examiner à quel prix on l’achète.
Les ouvrages ont parfois le choix : devenir ou une œuvre d’auteur ou une œuvre d’art.
Le droit intangible du romancier, c’est de pouvoir retravailler son roman.

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