Maints éditeurs, pareils à d’adroits couturiers, se chargent d’habiller le livre de manière à séduire des acheteurs dont l’oeil est plus accessible que l’intelligence.
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- Le vin est un professeur de goût, il est le libérateur de l’esprit et l’illuminateur de l’intelligence.
- L’objet de la littérature est de nous apprendre à lire.
- Le grand artiste est une formulation de la plus grande intelligence : il est le destinataire des sensations qui sont les expressions les plus délicates et par conséquent les plus invisibles du cerveau.
- Parce qu’il faut faire le pari, lecteur, mon frère, qu’avec la lecture viendra l’intelligence, et la distance, et que la liberté de lire et de connaître produiront, in fine, plus de bien que l’ignorance. C’est un pari, sur la liberté et sur l’homme.
- Il faut toujours supposer que les pactes sont faits entre l’intelligence du poète et sa sensibilité et qu’il les ignore lui-même, qu’il en est le jouet. C’est plus intéressant et c’est plus profond.
- L’impression est pour l’écrivain ce que l’expérimentation est pour le savant, avec cette différence que, chez le savant, le travail de l’intelligence précède, et chez l’écrivain vient après.
- Ces maudits éditeurs veulent imprimer tout : ce sont des corbeaux qui s’acharnent sur les morts, comme l’envie sur les vivants.
- Il n’est pas d’entreprise plus raisonnable que de parler de soi, plus agréable pour l’auteur et ses lecteurs, et soin plus nécessaire, du moins plus avouable.
- Au fond, tout vrai lecteur est également bibliophile. Car qui sait accueillir un livre et l’aimer de tout son coeur souhaitera aussi le faire sien, le relire, le posséder et le savoir toujours à portée de main.
- Le cinéaste pense avec les yeux et les oreilles, le peintre avec les mains. La littérature est un refuge. Elle approfondit la vision du monde.
- Que de chefs-d’oeuvre gagnent, en vérité, à ne pas être lus. D’où cette passion aveugle que vouent à la littérature ceux qui ne lisent pas.
- Le bon goût en littérature est, à quelques égards, comme l’ordre sous le despotisme, il importe d’examiner à quel prix on l’achète.
- Les romans, la poésie, le théâtre, c’est quand même un bon moyen de connaître des tas de gens, les auteurs, de façon très intime, et sans tout le tralala social qui brouille un peu les cartes.
- Le romancier, qu’il le veuille ou non, nous révèle le fond de son être, encore qu’il se couvre littéralement de personnages. En vain, il se servira «d’une réalité» comme d’un écran. C’est lui qui projette cette réalité, c’est surtout lui qui l’enchaîne.
- Le principe des éditeurs, c’est de n’aimer que ce qu’ils éditent et de faire croire le contraire : qu’ils n’éditent que ce qu’ils aiment. Allons, ils ne sont pas assez sûrs de leur jugement pour ça.