Ces maudits éditeurs veulent imprimer tout : ce sont des corbeaux qui s’acharnent sur les morts, comme l’envie sur les vivants.
Philosophe, 1694-1778 Image : Nicolas de Largillière, CC0, Wikimedia Commons Ces maudits éditeurs veulent imprimer tout : ce sont des corbeaux qui s’acharnent sur les morts, comme l’envie sur les vivants.
Philosophe, 1694-1778 Image : Nicolas de Largillière, CC0, Wikimedia Commons Partager sur
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Lettres choisies : précédées d'une notice et accompagnées des notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps
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Les bons écrivains touchent souvent la vie du doigt. Les médiocres ne font que l’effleurer. Les mauvais la violent et l’abandonnent aux mouches.
Publier est une pure folie, un crime de l’esprit, mieux encore, un crime capital contre l’esprit. Oui, nous ne publions que pour satisfaire notre désir de gloire.
Il y a des livres qu’on voudrait pouvoir envoyer à ceux qui sont morts.
La mort prends les gros richards qui se la pètent, les petits marrants qui contrepètent, et même les qui-sont-bien -montés.
Maints éditeurs, pareils à d’adroits couturiers, se chargent d’habiller le livre de manière à séduire des acheteurs dont l’œil est plus accessible que l’intelligence.
Tant qu’on est vivant, tout est prétexte à littérature.
Le principe des éditeurs, c’est de n’aimer que ce qu’ils éditent et de faire croire le contraire : qu’ils n’éditent que ce qu’ils aiment. Allons, ils ne sont pas assez sûrs de leur jugement pour ça.
Curieuse entreprise, d’écrire des souvenirs. On tire sur le fil, et on ne sait pas ce qui va en sortir. Comme ces illusionnistes qui extraient de leur bouche, suspendus en guirlande, une fleur, une lame de rasoir, une ampoule allumée, un petit lapin…
On écrit pour tuer le temps, pour tuer la mort, pour se guérir d’être en vie.
Un faiseur de romans et un poète de théâtre est un empoisonneur public, non des corps, mais des âmes.

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