Le cinéaste pense avec les yeux et les oreilles, le peintre avec les mains. La littérature est un refuge.
Écrivain, 1930-2022Le cinéaste pense avec les yeux et les oreilles, le peintre avec les mains. La littérature est un refuge.
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Jean-Luc Godard
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Pouvoir observer avec l’œil d’un étranger aide à voir avec l’œil d’un artiste. Ce qui nous aliène inspire.
L’écrivain observe, entend, écoute, enregistre. Puis il raconte une histoire, mêlant son imagination à son expérience. Et elle porte nécessairement les cicatrices de son âme.
L’art est une ligne autour de vos pensées.
L’œil : la fenêtre de l’âme ; le centre de la beauté du visage ; le point où se concentre l’identité d’un individu.
Le processus de la photographie est un plaisir. Les yeux grands ouverts, il rend réceptif, sensible, jusqu’au moment où une connexion s’opère. Il est si exaltant de sortir des confins de l’esprit, les yeux loin devant la pensée.
Le cinéma en tant que rêve, le cinéma en tant que musique. Aucun art ne traverse, comme le cinéma, directement notre conscience diurne pour toucher à nos sentiments, au fond de la chambre crépusculaire de notre âme.
Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière.
Un art sans spectateur est inconcevable et l’idée de la participation est évidente, dès lors qu’un récepteur peut faire siens les sentiments ou les pensées d’un auteur, et vivre en accord avec eux.
Penser, ce n’est pas unifier, rendre familière l’apparence sous le visage d’un grand principe. Penser, c’est réapprendre à voir, diriger sa conscience, faire de chaque image un lieu privilégié.
Qui voit la figure humaine correctement : le photographe, le miroir ou le peintre ?

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