Il y a plus de texte écrit sur un visage que dans un volume de la Pléiade et, quand je regarde un visage, j’essaie de tout lire, même les notes en bas de page.
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Il y a plus de texte écrit sur un visage que dans un volume de la Pléiade et, quand je regarde un visage, j’essaie de tout lire, même les notes en bas de page.
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Partager sur
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La lumière du monde
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Cette image immuable, j’ai envie de la palper, de la caresser, de la parcourir avec des mots, mais pas trop fort, j’ai si peur de l’abîmer.
Avant même que tu aies parlé, ce que tu vas dire doit se lire sur ta figure.
Il suffit d’avoir été regardé par un nouveau-né pour savoir que le petit d’homme sait tout de suite lire. Il est même comme les grands lecteurs : il dévore le visage de l’autre.
Mon visage m’a toujours dispensé de mentir. C’est pour cela que je le regarde parfois dans un miroir. Grâce à Dieu il me ressemble.
Il y a des miroirs pour le visage, mais il n’y en a point pour l’esprit.
Un visage, nous disait-il, c’est un tout indivisible, un sens, une expression…
C’est peu de chose, une vie qui se déroule au fil des pages d’un cahier noir.
Un sourire, à peine, une silhouette, un filigrane dans une page barbouillée.
Ecrire est une navigation sur la terre ferme, la page blanche est une voile qu’on hisse ; les mots, un sillage qui s’efface.
La tache rouge qui ressemble à du sang sur la couverture est bien du sang. Une maladresse avec mon coupe-papier.

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