Ma propre vie échappait à mon contrôle, il m’entraînait là où il voulait, à son gré, et je ne pouvais plus que contempler de loin, comme en rêve, tout ce que j’avais vécu.

Ma propre vie échappait à mon contrôle, il m’entraînait là où il voulait, à son gré, et je ne pouvais plus que contempler de loin, comme en rêve, tout ce que j’avais vécu.

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Le château blanc
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J’ai vécu jour après jour la différence entre lui et moi, coulé dans un univers rétréci, bourrée jusqu’à la gueule de minuscules soucis. De solitude. Je suis devenue la gardienne du foyer, la préposée à la subsistance des êtres et à l’entretien des choses.
J’ai toujours voulu avancer selon mon propre instinct, et ne me sers jamais de mes propres souvenirs.
Ce n’était plus l’espoir du succès qui me faisait agir : le besoin de voir celle que j’aimais, de jouir de sa présence, me dominait exclusivement.
Même éveillé, il garda ses rêves serrés contre lui. Ils lui rappelaient qui il était et ce qu’il voulait faire de sa vie. Ses rêves lui diraient quoi faire. Comment trouver sa place dans ce monde.
J’errais sans laisser transparaître l’errance, marchant d’un pas assuré, donnant toujours l’impression de poursuivre un but précis, de me diriger quelque part, si bien qu’il était impossible pour qui que ce soit de s’apercevoir de la mise à l’écart dont j’étais l’objet.
La Bourse je m’en fous, j’ai choisi la vie.
Dans la mesure où ma vie était devenue cette sorte d’autoroute au soleil de la passion, je supportais mal d’y voir la moindre ombre portée.
Ici, mes pouvoirs se reposent de leur haute fantaisie, mais je pouvais déjà sentir mon être transformé – l’instinct et l’intellect s’équilibraient de manière égale. Comme dans une roue dont le mouvement n’entrave rien – par l’Amour qui meut le Soleil et les autres étoiles.
Longtemps je n’ai pas eu de chance. À force que le hasard retombe toujours du même côté, jamais du mien, j’en suis venu à imaginer la vie comme une sorte de gigantesque conspiration, uniquement composée de membres ayant prêté serment de se liguer contre moi.
C’était passer de nouveau à mes facultés les fers invisibles d’une vie uniforme et trop tranquille, d’une existence dont je devenais incapable d’apprécier même les privilèges, tels que la sécurité et l’aisance.

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