Longtemps je n’ai pas eu de chance. À force que le hasard retombe toujours du même côté, jamais du mien, j’en suis venu à imaginer la vie comme une sorte de gigantesque conspiration, uniquement composée de membres ayant prêté serment de se liguer contre moi.
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- Tout acte de soumission à la force qui m’est extérieure me pourrit tout debout, mort avant que d’être enterré par les légitimes fossoyeurs de l’ordre.
- J’ai perdu ma force et ma vie, et mes amis et ma gaieté; J’ai perdu jusqu’à la fierté qui faisait croire à mon génie.
- A force de vivre dans les mêmes idées, de ne voir qu’une chose, si on la veut avec ardeur on ne remarque plus le crime de ses désirs.
- Les âmes délicates, dont la force s’exerce dans une sphère élevée, manquent de cet esprit d’intrigues, fertile en ressources, en combinaisons; leur génie, à elles, c’est le hasard; elles ne cherchent pas, elles rencontrent.
- Je n’avais pas découvert que la ligne de fuite, trompeuse, du futur, devenait, comme dans un spectacle de magie inexplicable, l’étranglant carcan du passé. Que les projets devenaient regrets, les espoirs souvenirs, la vie la mort.
- Il est probable que la confiance totale que j’avais dans mes rêves empêchât que je ne me heurte aux aspérités de la réalité, et que c’est peut-être ainsi, de ne pas trop peser sur le monde des choses concrètes, que l’on force paradoxalement le destin.
- J’ai la passion innée de contredire les gens, toute mon existence ne fut en somme qu’une suite de contradictions malheureuses entre mon coeur et mon cerveau, la présence d’un enthousiaste me glace.
- Seul me semblait encore précieux cet espoir : parvenir, par mon travail, ma contribution au souvenir de cette grande époque, à me purifier un peu moi-même et à me racheter, à renouer les liens avec l’Ordre et avec ce que j’avais vécu.
- N’avez-vous jamais croisé de ces êtres qui semblent ne pas se trouver sur votre chemin par hasard, mais par une sorte d’évidence si bouleversante que votre existence en est subitement transformée ?
- Souvent je ne pouvais m’empêcher de croire que ce qui me donnait, en pensant à elle, la troublante cuisson de tels désirs, était un de ces faits pathologiques et monstrueux qui dominent également la science de l’homme et sa volonté.
- Tout est incroyable; ... Ma conscience s’étonne que je sois un être physique, une machine, un automate, un possédé, et elle s’étonne d’être consciente dans tant d’inconscience.
- Aussi loin que je me souvienne, j’avais toujours cherché à ne pas exister. Tu as dû travailler des années durant pour me faire assumer mon existence. Et ce travail, je crois bien, n’a jamais été achevé.
- Quand je regarde ma vie, je me dis que j’ai été sacrément chanceux d’accomplir tout cela. Je dois même me pincer plusieurs fois pour y croire.
- Il est très étonnant que je n’aie pas encore abandonné tous mes espoirs car ils paraissent absurdes et irréalisables. Pourtant je m’y accroche, malgré tout, car je continue à croire à la bonté innée de l’homme. Il m’est absolument impossible de tout construire sur une base de mort, de misère, de confusion.
- La vie commence à ne plus m’intéresser, j’ai d’ailleurs songé quelques fois à me supprimer, n’y renonçant que faute de courage.