N’avez-vous jamais croisé de ces êtres qui semblent ne pas se trouver sur votre chemin par hasard, mais par une sorte d’évidence si bouleversante que votre existence en est subitement transformée ?

N’avez-vous jamais croisé de ces êtres qui semblent ne pas se trouver sur votre chemin par hasard, mais par une sorte d’évidence si bouleversante que votre existence en est subitement transformée ?

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Le canapé rouge
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Aussi étrange que cela puisse paraître, plus on connaît quelqu’un, plus ses contours deviennent flous, comme si le temps passé ensemble effaçait ce qui le distingue de vous.
Leur regard portait une étrange mélancolie qui les accompagnerait toute leur vie, disparaissant par moments pour revenir plus loin, à la croisée du chemin, tel un zombie facétieux contre lequel ils ne cesseraient jamais de se battre.
Il arrive parfois que deux êtres aient cette impression de se retrouver sur le chemin de la Vie. Comme s’ils n’avaient été jusque là que provisoirement séparés. Comme si l’un et l’autre s’attendaient.
Peut-être la vie n’est-elle qu’une série d’expériences, inexplicables même pour soi ?
Mais c’est l’un des paradoxes du voyage : on croise de complets inconnus et on se confie parfois plus volontiers à eux qu’à des proches justement parce que l’on sait que, le périple terminé, on ne les reverra sans doute jamais.
Il me vient alors cette exaltation d’aimer à fond quelqu’un d’inconnu, et qui le reste à jamais : mouvement mystique : j’accède à la connaissance de l’inconnaissance.
Longtemps je n’ai pas eu de chance. À force que le hasard retombe toujours du même côté, jamais du mien, j’en suis venu à imaginer la vie comme une sorte de gigantesque conspiration, uniquement composée de membres ayant prêté serment de se liguer contre moi.
Parfois, avec un peu de chance, quelqu’un entre dans votre vie et prend une place dans votre cœur que personne ne peut combler, quelqu’un qui est plus serré qu’un jumeau, plus avec vous que votre propre ombre, qui s’enfonce plus profondément dans votre peau que votre propre sang et vos os.
Si j’étais dans la vie comme à la scène, je serais imbuvable ! J’ai bien conscience de la personne que je suis sur les planches, avec cette tendance à de plus en plus se lâcher.
Perdre conscience de ce qu’on est, de ce que l’on devient, c’est en quelque sorte renaître…

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