Mais c’est l’un des paradoxes du voyage : on croise de complets inconnus et on se confie parfois plus volontiers à eux qu’à des proches justement parce que l’on sait que, le périple terminé, on ne les reverra sans doute jamais.

Mais c’est l’un des paradoxes du voyage : on croise de complets inconnus et on se confie parfois plus volontiers à eux qu’à des proches justement parce que l’on sait que, le périple terminé, on ne les reverra sans doute jamais.

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Mirage
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Ceux qui n’ont rien ne cessent de se déplacer, comme si leur sort pouvait être meilleur ailleurs. Ils préfèrent ignorer qu’au terme du voyage ils vont retrouver sous une nouvelle forme le vieux problème, ce membre de la famille qu’on redoute d’embrasser.
Ce qu’il peut être enivrant de se sentir étranger au monde ! On a toujours l’impression d’être en voyage.
Si le destin souhaite votre rencontre, vous vous retrouverez. Fussiez-vous séparés par des milliers de lieues. Mais si le destin s’oppose à la rencontre, vous aurez beau être là, face à face, vous resterez étrangers l’un à l’autre.
La vie est un voyage, vous ne croyez pas ? On se met en route et, finalement, on arrive au bout, certains plus tôt que d’autres. Et, en chemin, on rencontre d’autres voyageurs, on connaît de petites aventures, des difficultés et des triomphes.
À l’exception des commerçants, les gens qui voyagent sont des inquiets qui ne savent pas rester seuls avec eux-mêmes : ils vont chercher au loin des images neuves qu’ils offrent à leurs yeux, mais leur cœur reste vide.
C’est n’être nulle part que d’être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager finissent par avoir des milliers d’hôtes et pas un ami.
Le voyage est une suite de disparitions irréparables.
Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.
Nous devons traverser la vie si discrètement que le destin ne nous remarque pas.
On ne voit pas deux fois le même cerisier, ni la même lune découpant un pin. Tout moment est dernier, parce qu’il est unique. Chez le voyageur cette perception s’aiguise par l’absence des routines fallacieusement rassurantes propres au sédentaire, qui font croire que l’existence pour un temps restera ce qu’elle est.

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