Il me vient alors cette exaltation d’aimer à fond quelqu’un d’inconnu, et qui le reste à jamais : mouvement mystique : j’accède à la connaissance de l’inconnaissance.
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- Il semble parfois au sujet amoureux qu’il est possédé par un démon de langage qui le pousse à se blesser lui-même et à s’expulser - selon un mot de Goethe - du paradis que, dans d’autres moments, la relation amoureuse constitue pour lui.
- Pour aimer, pour haïr, il faut se donner... Qui suis-je et qu’ai-je à donner, moi ? J’existe à peine, de tous les fantômes qui rôdent aujourd’hui dans la ville, aucun n’est plus fantôme que moi.
- Aimer, ce n’est pas savoir. Ce n’est pas être sûre. Ni presque sûre. Aucune certitude, aucun repos dans l’amour. Aucune compréhension. L’incertitude totale.
- J’ai appris à aimer le secret. Il me semble que c’est la seule chose qui puisse nous faire la vie moderne mystérieuse ou merveilleuse. La plus commune des choses nous paraît exquise si quelqu’un nous la cache.
- Si quitter ce monde est une réalité aussi forte que l’aimer, alors il doit y avoir une signification dans les rencontres et les séparations de la vie.
- Mon naturel me contraint à chercher et aimer les choses bien ordonnées, fuyant la confusion qui m’est contraire et ennemie comme est la lumière des obscures ténèbres.
- J’avais le privilège de vivre depuis le début, constamment, en toute conscience, ce qu’on finit toujours par découvrir dans la stupeur et le désarroi : l’homme qu’on aime est un étranger.
- J’ai un désir profondément caché et inarticulé pour quelque chose au-delà de la vie quotidienne.
- J’ai la passion innée de contredire les gens, toute mon existence ne fut en somme qu’une suite de contradictions malheureuses entre mon coeur et mon cerveau, la présence d’un enthousiaste me glace.
- La connaissance d’un être... C’est l’angoisse d’être toujours étranger à ce qu’on aime.
- Il y a des créatures destinées les unes aux autres qui n’arrivent jamais à se rencontrer et qui se résignent à aimer une autre personne pour raccommoder l’absence. Elle sont sages.
- C’est peut-être la solitude morale - à quoi j’aspire - qui me fait admirer les traîtres et les aimer.
- Et là, tout devient simple. Il faut aimer ce qui advient, «amor fati», «aime ton destin», voilà ma formule pour toute chose. C’est d’ailleurs la formule de la joie, sinon du bonheur - du moins de la conjuration du malheur.
- La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde.
- Je puis comprendre et légitimer les anomalies en amour et en tout mais qu’il y ait des impuissants parmi les sots, cela me dépasse.