La connaissance d’un être est un sentiment négatif : le sentiment positif, la réalité, c’est l’angoisse d’être toujours étranger à ce qu’on aime.
Écrivain, 1901-1976 Image : Roger Pic, Domaine public, Wikimedia Commons La connaissance d’un être est un sentiment négatif : le sentiment positif, la réalité, c’est l’angoisse d’être toujours étranger à ce qu’on aime.
Écrivain, 1901-1976 Image : Roger Pic, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source secondaire
La Condition humaine (1933), p. 226
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La connaissance ruine l’amour : à mesure que nous pénétrons nos propres secrets, nous détestons nos semblables, précisément parce qu’ils nous ressemblent. Quand on n’a plus d’illusions sur soi, on n’en garde pas sur autrui.
Nous sommes écartelés entre l’avidité de connaître et le désespoir d’avoir connu.
Il me vient alors cette exaltation d’aimer à fond quelqu’un d’inconnu, et qui le reste à jamais : mouvement mystique : j’accède à la connaissance de l’inconnaissance.
La connaissance d’un être est un sentiment négatif.
L’amour est incompréhensible. Quand on le voit chez les autres on est incapable de le comprendre, et encore moins quand il vous arrive.
La connaissance craque, aussi bien que l’amour, aux hommes sans courage.
L’amour est partout. Dans chaque chose, dans chaque être, en chacun de nous. Notre peur vient du fait que nous l’ignorons.
Vouloir oublier quelqu’un, c’est y penser. L’amour a cela de commun avec les scrupules, qu’il s’aigrit par les réflexions et les retours que l’on fait pour s’en délivrer. Il faut, s’il se peut, ne point songer à sa passion pour l’affaiblir.
Les démarcations trop étroites que nous traçons autour de l’amour viennent seulement de notre grande ignorance de la vie.
La peur entre dans le cœur de celui qui ignore son destin.

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