La connaissance d’un être est un sentiment négatif.
Écrivain, 1901-1976 Image : Roger Pic, Domaine public, Wikimedia Commons La connaissance d’un être est un sentiment négatif.
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Source secondaire
La Condition humaine (1933), p. 226
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La connaissance d’un être est un sentiment négatif : le sentiment positif, la réalité, c’est l’angoisse d’être toujours étranger à ce qu’on aime.
Nous sommes écartelés entre l’avidité de connaître et le désespoir d’avoir connu.
Le défaut de soin nuit plus que le défaut de savoir.
La faiblesse humaine est d’avoir
Des curiosités d’apprendre
Ce qu’on ne voudrait pas savoir.
La connaissance que nous avons des autres hommes est fort sujette à l’erreur si nous n’en jugeons que par les sentiments que nous avons de nous-mêmes.
La connaissance ruine l’amour : à mesure que nous pénétrons nos propres secrets, nous détestons nos semblables, précisément parce qu’ils nous ressemblent. Quand on n’a plus d’illusions sur soi, on n’en garde pas sur autrui.
On peut donc dire en un sens que tout type est un type négatif. Le caractère est comme le dessin de l’échec de la personnalité. Nous ne sommes typiques que dans la mesure où nous manquons à être pleinement personnels.
Comme il n’est de connaissance, on peut presque dire qu’il n’est de jalousie que de soi-même. L’observation compte peu. Ce n’est que du plaisir ressenti par soi-même qu’on peut tirer savoir et douleur.
L’opinion est quelque chose d’intermédiaire entre la connaissance et l’ignorance.
Tout le mal dans cette vie provient d’un défaut d’attention à ce qu’elle a de faible et d’éphémère.

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