Pour aimer, pour haïr, il faut se donner... Qui suis-je et qu’ai-je à donner, moi ? J’existe à peine, de tous les fantômes qui rôdent aujourd’hui dans la ville, aucun n’est plus fantôme que moi.
Image : Pour aimer, pour haïr, il faut...

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- On devrait pouvoir aimer tout d’une personne, l’oesophage, et le foie, et les intestins. Peut-être qu’on ne les aime pas par manque d’habitude, si on les voyait comme ils voient nos mains et nos bras peut-être qu’on les aimerait.
- Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c’est moi qui la continue, qui la déroule. J’existe. Je pense que j’existe. Oh ! Le long serpentin, ce sentiment d’exister - et je le déroule, tout doucement.
- Je suis libre : il ne me reste plus aucune raison de vivre, toutes celles que j’ai essayées ont lâché et je ne peux plus en imaginer d’autres... Seul et libre. Mais cette liberté ressemble un peu à la mort.
- Ma flamme est toute pure, et sans rien présumer, - Je ne cherche en aimant que le seul bien d’aimer.
- Il me vient alors cette exaltation d’aimer à fond quelqu’un d’inconnu, et qui le reste à jamais : mouvement mystique : j’accède à la connaissance de l’inconnaissance.
- Ma Trinité à moi, c’est d’incarner à la fois le fils légitime, l’adopté, la bâtard. D’aimer de la même manière ceux qui me revendiquent, me rejettent et me tolèrent.
- Celui qui n’a pas su haïr la servitude, celui-là ne peut pas t’aimer - ô solitude !
- Tu n’as d’existence qu’au travers de ton empreinte sur la mienne. T’écrire, ce n’est rien d’autre que faire le tour de ton absence. D’écrire l’héritage d’absence. Tu es une forme vide impossible à remplir d’écriture.
- J’habite une blessure sacrée, j’habite des ancêtres imaginaires, j’habite un vouloir obscur, j’habite un long silence, j’habite un voyage de mille ans, j’habite une guerre de trois cent ans, j’habite un culte désaffecté.
- Un Prométhée en passion je suis, et pour aimer perdant toute puissance, ne pouvant rien je fais ce que je puis.
- Vive la gaieté ! Je prends une existence nouvelle à chaque aurore ! Oublieuse du passé, ivre encore des assauts de la veille, tous les soirs j’épuise une vie de bonheur, une vie pleine d’amour !
- Quelqu’un viendra, je l’attendrai dans l’ombre, un frère, un coeur entre les coeurs sans nombre, quelqu’un à moi viendra pour la Merci Aider mon âme à se sauver aussi.
- Il y a des créatures destinées les unes aux autres qui n’arrivent jamais à se rencontrer et qui se résignent à aimer une autre personne pour raccommoder l’absence. Elle sont sages.
- Etre joyeux, c’est être un fou en liberté dans un monde de tristesse et de fantômes...
- Aimer et mourir sont deux lueurs qui ne font qu’un seul feu, et sans doute est-ce pour cela que nous aimons si peu, si mal : il nous faudrait consentir à notre propre défaite.