Il semble parfois au sujet amoureux qu’il est possédé par un démon de langage qui le pousse à se blesser lui-même et à s’expulser - selon un mot de Goethe - du paradis que, dans d’autres moments, la relation amoureuse constitue pour lui.
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- Il me vient alors cette exaltation d’aimer à fond quelqu’un d’inconnu, et qui le reste à jamais : mouvement mystique : j’accède à la connaissance de l’inconnaissance.
- Mais enfin, dit l’Amour se masquant en paradoxe, qu’est-ce qu’un amant ? C’est un instrument auquel on se frotte pour avoir du plaisir. M. Cuvier me disait : «votre chat ne vous caresse pas, il se caresse à vous.
- L’amour, par ses douceurs et ses tourments étranges, nous fait trouver l’enfer et le ciel tour à tour : La jalousie est la soeur de l’amour, comme le diable est le frère des anges.
- L’égoïsme, voilà le genre d’amour qui est justement décrié, parce qu’il n’est pas l’amour de soi, mais une passion désordonnée de soi, passion funeste qui entraîne l’avare vers son argent, et tous les hommes vers l’objet de leurs désirs.
- C’est en poésie seulement que le monde entier comprend un amoureux. Dans la vie réelle, on le déclare enroué, et on lui donne une bonne cuillerée de ce mélange nauséabond appelé le bon sens.
- Il faut avoir été fou de douleur pour pouvoir devenir fou d’amour. Dans cette expérience de déchirement l’extase survient qui fait passer d’une souffrance insondable à un amour excessif, inouï, qui transgresse toute norme et toute forme.
- Le propre de l’amour est de voir les personnes et les choses autrement qu’elles ne sont en réalité. C’est un désir qui ne s’assouvit jamais, bien qu’il n’est pas toujours une chose sensuelle; il est la folie ou la poésie de l’amitié.
- La tragédie de l’amour tient à ce qu’il n’échappe pas à la dimension temporelle. Quand on partage la vie d’un être aimé, il y a une cruauté toute spéciale à constater combien nos anciennes amours nous sont devenues indifférentes.
- A trop l’aimer, l’homme détruit souvent l’objet de son amour.
- L’amour, avec sa culpabilité inguérissable, est assez grand seigneur pour que nous puissions reconnaître en lui l’esprit aussi bien que la matière, et Dieu aussi bien que le diable.
- Le problème avec un amour romantique, c’est qu’il se nourrit d’illusions. On projette sur l’être aimé un idéal qui finit toujours par décevoir. En fait, ce type d’amour ne fait que vous briser le coeur.
- En réalité, dans l’amour il y a une souffrance permanente, que la joie neutralise, rend virtuelle, ajourne, mais qui peut à tout moment devenir ce qu’elle serait depuis longtemps si l’on n’avait pas obtenu ce qu’on souhaitait, atroce.
- L’amour est une affaire intime, étrange et pleine de contradictions. On peut aimer quelqu’un parce qu’on s’aime soi-même, par égoïsme, convoitise, par désir ou par besoin de dominer l’objet de cet amour, le soumettre ou, à l’inverse, se livrer à lui.