C’est en poésie seulement que le monde entier comprend un amoureux. Dans la vie réelle, on le déclare enroué, et on lui donne une bonne cuillerée de ce mélange nauséabond appelé le bon sens.
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- Le don de révéler par la parole ce qu’on ressent au fond du coeur est très rare; il y a pourtant de la poésie dans tous les êtres capables d’affections vives et profondes; l’expression manque à ceux qui ne sont pas exercés à la trouver.
- Le mystère est la poésie de l’amour.
- Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.
- Peinture et poésie se font comme on fait l’amour : un échange de sang, une étreinte totale, sans aucune prudence, sans nulle protection. Le grand #saut à chaque fois.
- Il semble parfois au sujet amoureux qu’il est possédé par un démon de langage qui le pousse à se blesser lui-même et à s’expulser - selon un mot de Goethe - du paradis que, dans d’autres moments, la relation amoureuse constitue pour lui.
- Ni aimer, ni haïr, c’est la moitié de la sagesse humaine : ne rien dire et ne rien croire l’autre moitié. Mais avec quel plaisir on tourne le dos à un monde qui exige une pareille sagesse.
- L’amour, le bonheur, la justice... On essaie de donner des noms à des réalités qui nous échappent. L’amour, si ça existe, ça doit être simplement se trouver avec quelqu’un et se sentir bien.
- La Poésie est une lettre d’amour adressée au monde.
- Le vrai poète, à ce qui me semble, est celui qui remue l’âme et l’attendrit.
- La poésie est une pomme et c’est toujours septembre sur les vergers de la parole : soleil serré, suc de la terre, saveur d’enfance. Dans le bonheur des mots amour, je te mange.
- Manier les mots, les soupeser, en explorer le sens, est une manière de faire l’amour, surtout lorsque ce qu’on écrit est inspiré par quelqu’un, ou promis à quelqu’un.
- En quelques mots, je définis la Poésie des mots comme Création rythmique de la Beauté. Son seul juge est le Goût.
- Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu’il peut à sa guise être lui-même et autrui. Comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun.
- Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
- La poésie a été mise au monde par l’homme et elle ne peut être ailleurs que dans lui - mais il la cherche dans la nature comme s’il l’avait laissée échapper.