Il brisa son image en déchirant mon cœur.
Me rapporterait-il ma douce imprévoyance,
Et le prisme charmant de l’inexpérience ? L’amour en s’envolant ne me l’a pas rendu ; Ce qu’on donne à l’amour est à jamais perdu !
Écrivaine, 1786-1859Il brisa son image en déchirant mon cœur.
Me rapporterait-il ma douce imprévoyance,
Et le prisme charmant de l’inexpérience ? L’amour en s’envolant ne me l’a pas rendu ; Ce qu’on donne à l’amour est à jamais perdu !
Écrivaine, 1786-1859Partager sur
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Tout est détruit: lui-même, il n’est plus le bonheur;Il brisa son image en déchirant mon cœur. Me rapporterait-il ma douce imprévoyance, Et le prisme charmant de l’inexpérience? L’amour en s’envolant ne me l’a pas rendu; Ce qu’on donne à l’amour est à jamais perdu.
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Avec l’amour avait disparu le désir de montrer qu’il n’avait plus d’amour.
L’amour effiloché, c’était se reprocher de ne pas compter de la même façon.
C’est de ma faute aussi. Je l’ai ennuyé avec mon amour. J’ai vidé mon cœur dans le sien. Jusqu’à la dernière goutte. Je l’ai rassasié. Il n’y a pas seulement l’amour, il y a la politique de l’amour, disait Barbey d’Aurevilly.
Quand il est le fruit d’une réflexion, l’amour est fragile : qui a aimé n’a-t-il pas aimé dès le premier regard ?
J’ai dit à mon cœur, à mon faible cœur : N’est-ce point assez d’aimer sa maîtresse ? Et ne vois-tu pas que changer sans cesse, C’est perdre en désirs le temps du bonheur ?
Elle était alors l’intruse dans mon voyage, elle en est à présent la boussole. L’amour est toujours une intrusion. Le hasard se fait chair, la passion se fait raison.
L’Amour est un seigneur puissant, et il m’a humilié à ce point que, je le confesse, il n’est pas sur terre de souffrance égale à ses rigueurs, ni de joie comparable à ses faveurs !
Mais je l’aimais et il y a dans l’amour une grande capacité non seulement d’illusion, mais encore d’oubli.
À force de frayer Avec toutes nos paroles A force de voisiner Avec nos sombres passions A force de s’effriter Sur les corps de passage L’amour a-t-il perdu Innocence et plaisir ?
Ce cœur devrait cesser d’aimer lui-même Voyant pour lui les autres se fermer, mais s’il n’est plus possible que l’on m’aime, ah ! Qu’on me laisse aimer !

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