Tout fuit, glisse, rien ne heurte, et soi-même on se dit qu’on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, que c’est pour ça qu’on voyage (même si c’est une illusion) : pour devenir aussi oiseau qu’on peut l’être.
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- Tout fuit, glisse, rien ne heurte, et soi-même on se dit qu’on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, que c’est pour ça qu’on voyage.
- C’est une légende, cette histoire de mouette ? - La légende d’Hélène. Elle dit que chaque être humain est rattaché à un oiseau pendant son passage sur terre. Qu’il nous protège.
- On ne quitte jamais vraiment son foyer. Je crois qu’on charrie les ombres, les rêves, les peurs et les monstres de sa maison sous la peau, qu’on les transporte, blottis dans le coin de ses yeux et jusque dans le cartilage des lobes de l’oreille.
- Tout cela n’était qu’une agitation vaine, le seul voyage qui compte est celui qu’on fait sans bouger, à l’intérieur de soi-même.
- Être humain, c’est s’il le faut, mettre gaiement sa vie toute entière sur la grande balance du destin, tout en se réjouissant de chaque belle journée et de chaque beau nuage.
- Concevoir l’Amérique comme une Histoire et la destinée comme un avenir, respirer le parfum d’un hickory à travers le silence des âges, c’est possible. Il nous suffit d’un ciel grand ouvert et de la volonté de faire usage de nos ailes.
- La vie réussit à nous trouver quand plus personne ne sait où nous sommes, pas même nous. Si loin que nous soyons, elle se fraye un passage. Si grande soit notre volonté de l’éviter, de la fuir dans un travail, dans un devoir, dans un sérieux - elle arrive, têtue, se moquant gentiment de nous, de la naïveté de nos projets, de la sagesse de nos calendriers.
- Nous vivons dans un tableau, ici. Nous sommes emmurés ! On croit qu’on est au centre du monde, comme on dit. Mais c’est le paysage, le décor, qui finit par vous dégouliner dessus. Une sorte de vernis quotidien de résignation. De renoncement...
- Nous nous accoutumons à la manière dont les choses se présentent, à l’aspect quotidien de la vie et une sorte de poussière, ou de voile, obscurcit notre vision, et la véritable nature miraculeuse de la vie sur Terre nous échappe.
- Si tu peux marcher sur l’eau tu n’es pas plus habile qu’une paille. Si tu peux voler dans les airs tu n’es pas plus habile qu’une mouche. Conquiers ton coeur alors tu deviendras quelqu’un.
- Rien n’est étranger. On est arbre, fleuve, multiple au familier mystère. Puis peu à peu la pluie s’apaise. Il y a une lumière de cristal. Le corps bouge et le temps se décompte. On est réalité revenue au visible.
- L’amour, c’est comme un oiseau Ca voyage très loin, ça tombe de très haut.
- Etre jeune, c’est être spontané, rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes d’une civilisation périmée, oser ce que d’autres n’ont pas eu le courage d’entreprendre; en somme, se replonger dans l’élémentaire.
- Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas a prouver qu’il se suffit a lui-meme. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientot, c’est le voyage qui vous fait, ou vous defait.
- Il n’y a pas d’injustice ! L’injustice, c’est de croire que les choses pouvaient se passer autrement (...) C’est toi qui décides le sens que tu donnes au voyage. Alors si tu préfères croire qu’on t’a refilé de mauvaises cartes, libre à toi.