Nous devons croire que tout a une cause, comme l’araignée tisse sa toile afin d’attraper des mouches, et le fait bien avant de savoir qu’en ce monde il existe des mouches.
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- J’ai peine à croire qu’on parvienne un jour à démontrer que nous sommes l’oeuvre d’un être suprême et non pas, comme il me semble, celle d’un être imparfait qui nous a fabriqués en guise de passe-temps.
- De là à croire que la mouche qui nous pique le front pendant notre sommeil est envoyée par Dieu lui-même pour nous réveiller de notre paresse, il n’y a pas loin.
- L’habitude seule nous fait croire à un enchaînement logique des phénomènes dans la nature.
- Aussi faut-il étudier les lois de la Nature pour ne pas agir contre elle, autrement, ce serait s’insurger contre le ciel. S’il me faut croire à un ordre divin, c’est celui-ci : préserver l’espèce.
- Je veux bien croire que nous avons tous un ange gardien, si vous m’accordez que chacun de nous possède aussi son démon familier.
- Imaginativement, la vie humaine n’a pas plus de valeur que la vie d’une mouche. Pratiquement, je respecte toute vie, même celle d’une mouche, animal aussi énigmatique et admirable qu’une fée.
- Tout fuit, glisse, rien ne heurte, et soi-même on se dit qu’on est bien ici, loin de chez soi, libre provisoirement de toute attache, que c’est pour ça qu’on voyage (même si c’est une illusion) : pour devenir aussi oiseau qu’on peut l’être.
- Il en a de bonnes ! Être prudent ! Semer, me dit-il, les graines de la civilisation. Oui, malheureusement, ça pousse lentement, tonnerre ! Laissez le temps au temps...
- Les insectes piquent, non par méchanceté, mais parce que, eux aussi, veulent vivre; il en est de même des critiques; ils veulent notre sang et non pas notre douleur.
- Comme symbole d’effronterie et d’impertinence, il faudrait prendre la mouche. Tandis que tous les animaux, en effet, craignent l’homme au-dessus de tout et le fuient déjà de loin, la mouche, elle, se pose sur son nez.
- Quand on est coquette, il faut être sage. L’oiseau de passage Qui vole à plein coeur Ne dort pas en l’air comme une hirondelle, et peut, d’un coup d’aile, briser une fleur.
- C’était donc ça, la mort. Quand les mouches se posent sur nous et qu’on ne peut plus les chasser.
- Des saints et des anges ! Et pourquoi ne voulons-nous pas comprendre que ces beaux êtres fantastiques sont déjà de ce monde à l’état latent, comme le papillon splendide dans sa propre larve ?