Il en a de bonnes ! Être prudent ! Semer, me dit-il, les graines de la civilisation. Oui. Malheureusement, ça pousse lentement, tonnerre ! Laissez le temps au temps…
1913-2008Il en a de bonnes ! Être prudent ! Semer, me dit-il, les graines de la civilisation. Oui. Malheureusement, ça pousse lentement, tonnerre ! Laissez le temps au temps…
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La tragédie du roi Christophe
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Juste semer quelques graines, et les abandonner au temps. Surtout ne rien précipiter. Se contenter du moindre signe. Devenir allié du silence, ami des jours perdus.
Avec le temps et la patience, la feuille du mûrier devient satin.
Quand il veut être grivois, il cite du Pétrone : c’est une manière d’échapper à notre temps ; tout son effort tend à se désincarner.
La civilisation est en avance sur l’âme de l’homme, et elle produit plus vite qu’il ne peut penser.
Pitié pour la graine que le vent a jetée sur les pierres calcinées et qui meurt dans les tourments en serrant contre son cœur un message inentendu ! Pitié pour la semence qui vient de tomber sur une terre grasse et qui n’en a pas fini avec ce monde incohérent !
Nous sortons de la civilisation du travail, mais nous en sortons à reculons dans une civilisation du temps libéré, incapables de la voir et de la vouloir, incapables donc de civiliser le temps libéré qui nous échoit, et de fonder une culture du temps disponible et une culture des activités choisies.
Elle s’étonne, le temps passe si vite, déjà Noël, déjà l’hiver, déjà demain et rien ne bouge, voilà le problème, en effet, notre vie est immobile et la terre continue de tourner.
Le monde nous gratifie de peu de chose à présent, il semble n’être que vacarme et angoisse ; cependant l’herbe et les arbres continuent de pousser. Et même si un jour la terre entière est recouverte de blocs de béton, la grand ballet des nuages se poursuivra dans le ciel ; ici et là des hommes continueront d’ouvrir grâce à leur art la porte d’accès au divin.
Nous avançons dans la vie comme des funambules, persuadés que le temps nous aidera à mieux maîtriser notre équilibre sur la corde tremblante de l’existence.
Quittez-moi votre serpe, instrument de dommage ; Laissez agir la faux du temps : Ils iront assez tôt border le noir rivage.

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