La mort fauche sans cesse (la plante et l’insecte meurent à la fin de l’été, l’animal et l’homme au bout de quelques années), et pourtant les végétaux, les animaux, les insectes et les hommes continuent toujours d’exister, toujours recommencés.
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- La vie en agit souvent à l’égard des hommes comme on le fait des animaux. Les tourmentant trop pour qu’ils vivent, et trop peu pour qu’ils meurent.
- Le monde est irrégulièrement semé de dispositions régulières. Les cristaux en sont; les fleurs, les feuilles; maints ornements de stries, de taches sur les fourrures, les ailes, les coquilles des animaux, les traces du vent sur les sables et sur les eaux.
- Les animaux nous apprennent que le monde humain, sans cesse inventé, restera sans cesse à inventer. C’est dans ce travail de création que réside notre transcendance et notre aptitude à la folie. Car la folie, c’est peut-être le prix de notre liberté.
- L’état de l’animal que la mort naturelle va anéantir se rapproche de celui où il se trouvait dans le sein de sa mère, et même celui du végétal, qui ne vit qu’au-dedans, et pour qui toute la nature est en silence.
- Semblable à un arbre dont les feuilles jaunissent et tombent et qui reste nu et noir, l’homme qui vieillit voit successivement tout mourir autour de lui.
- Le lépreux trébucha, tomba par terre et dit : la vie continue.
- La mort, c’est pour que les choses demeurent au-delà de la destruction des corps et des objets.
- Un moustique dure une journée, une rose trois jours. Un chat dure treize ans, l’amour trois. C’est comme ça. Il y a d’abord une année de passion, puis une année de tendresse et enfin une année d’ennui.
- Apparemment, la nature elle-même a du mal à s’ nourrir Les hommes ont pollué l’air et même pourri la pluie Quand y aura plus d’eau nulle part, faudra garder l’ sourire Et même l’odeur des forêts sera tombée dans l’oubli.
- La forêt bruissait. Au printemps, elle avait procréé comme jamais. Le silence des années de désertion animale, de famine humaine, était un lointain souvenir. La vie, de nouveau, mettait la mort au sol.
- Un printemps meurt, en vient un autre Et tout change, et tout est pareil Le bonheur n’est pas le nôtre Pas plus que le soleil Écoute, écoute dans le monde Cet orchestre de coeurs battants De partout ils se répondent Depuis combien de temps ?
- La vie éternelle ne commence-t-elle pas lorsque la dépouille se dissout, se laisse avaler par la terre, digérer par elle, et retourne ainsi dans le grand cycle de la nature ?
- La seule chose dont on soit sûr, après la mort, c’est qu’on aide l’herbe et les fleurs à pousser, tout le reste, ce sont des boniments.
- Cette imperturbable nature qui nous entoure est muraillée entre deux constantes immuables, la vie écourtée, encerclant la mort à l’infini.