Semblable à un arbre dont les feuilles jaunissent et tombent et qui reste nu et noir, l’homme qui vieillit voit successivement tout mourir autour de lui.
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- La vieillesse est un décès par petits morceaux.
- Si l’on est assez vieux, alors on a l’impression que l’existence entière, avec ses joies et ses souffrances, ses amours et ses découvertes, ses amitiés, ses liaisons, les livres, la musique, les voyages et le travail ne constituent rien d’autre qu’un long détour menant à l’éclosion de ces instants où Dieu se révèle, où le sens et la valeur de tout ce qui existe et se produit s’offrent à nous à travers la forme d’un paysage, d’un arbre, d’un visage, d’une fleur.
- La vieillesse n’ôte à l’homme d’esprit que des qualités inutiles à la sagesse. Il semble que, pour certaines productions de l’esprit, l’hiver du corps soit l’automne de l’âme.
- La maladie, la vieillesse, la mort, trois grandes humiliations pour l’homme.
- La mort fauche sans cesse (la plante et l’insecte meurent à la fin de l’été, l’animal et l’homme au bout de quelques années), et pourtant les végétaux, les animaux, les insectes et les hommes continuent toujours d’exister, toujours recommencés.
- Des jours brisés qu’il se rappelle, il n’est pas sûr qu’il ait souffert, tant sa douleur est naturelle, son sourire est mort l’autre hiver.
- Il meurt lentement celui qui ne voyage pas, celui qui ne lit pas, celui qui n’écoute pas de musique, celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.
- L’état de l’animal que la mort naturelle va anéantir se rapproche de celui où il se trouvait dans le sein de sa mère, et même celui du végétal, qui ne vit qu’au-dedans, et pour qui toute la nature est en silence.
- Dans le soleil sanglant au couchant, haj Moussa s’écroula avec le bruit caractéristique d’un vieil arbre mort à la base.
- L’avenir, laisse-le donc comme l’arbre dérouler un à un ses branchages. De présent en présent l’arbre aura grandi et entrera révolu dans sa mort.
- Si vaine que soit la constitution d’un arbre généalogique, où pend toujours une quantité considérable de bois mort (cet arbre poussant dans le passé, on devrait logiquement dire une racine généalogique).
- Dans l’immense vasière de la forêt vierge... Chacun peut voir que les grands arbres y sont rares. On les remarque aussitôt par l’ivoire et par le poli de la mort. Ils restent debout, soutenus par les autres.
- L’arbre est le symbole d’unité de l’univers que l’ombre et la lumière revendiquent. Il est le désir exacerbé et comblé qui a commandé ma vie et par lequel je suis entré dans la mort.
- Durant l’absence de pluie, ce sont les jeunes arbres qui jaunissent les premiers. Les vieux ont des cachettes souterraines qu’on appelle expérience.
- Ce que je constate surtout, devant un homme, devant un corps vivant d’homme, c’est qu’il change à chaque seconde, qu’incessamment il vieillit.