L’état de l’animal que la mort naturelle va anéantir se rapproche de celui où il se trouvait dans le sein de sa mère, et même celui du végétal, qui ne vit qu’au-dedans, et pour qui toute la nature est en silence.
Image : L’état de l’animal que la mort...

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- Face à la nourriture, le corps ne sait rester neutre; il est prêt à toutes les folies, à toutes les fantasmagories, et la mort ne lui fait plus peut.
- La mort est, telle que la naissance, un mystère de la nature.
- Si l’on envisage la mort elle-même, et si, divisant sa notion, on en écarte les fantômes dont elle s’est revêtue, il ne restera plus autre choses à penser, sinon qu’elle est une action naturelle. Or celui qui redoute une action naturelle est un enfant.
- La nature est tout à la fois initiation et instrument de mort.
- La vertu, immuable, ne quitte pas l’homme avec la mort, elle retourne au nourrisson.
- Si nous admettons comme un fait expérimental ne souffrant aucune exception que tout ce qui vit retourne à l’état inorganique, meurt pour des raisons internes, nous pouvons dire : la fin vers laquelle tend toute vie est la mort.
- La mort fauche sans cesse (la plante et l’insecte meurent à la fin de l’été, l’animal et l’homme au bout de quelques années), et pourtant les végétaux, les animaux, les insectes et les hommes continuent toujours d’exister, toujours recommencés.
- La seule chose dont on soit sûr, après la mort, c’est qu’on aide l’herbe et les fleurs à pousser, tout le reste, ce sont des boniments.
- Dans l’immense vasière de la forêt vierge... Chacun peut voir que les grands arbres y sont rares. On les remarque aussitôt par l’ivoire et par le poli de la mort. Ils restent debout, soutenus par les autres.
- Un Pet qui pour sortir a fait un vain effort, dans les flancs déchirés reportant sa furie, souvent cause la mort D’un mortel constipé qui touche au sombre bord, un Pet à temps laché pourrait sauver la vie.
- L’avenir, laisse-le donc comme l’arbre dérouler un à un ses branchages. De présent en présent l’arbre aura grandi et entrera révolu dans sa mort.
- Mais en Dieu il n’y a rien de fini : en Dieu, il n’y a rien de transitoire; en Dieu il n’y a rien qui tende vers la mort. Il s’ensuit que pour Dieu le présent n’existe pas.
- La mort naturelle est une amie, au fond, pourvu qu’elle ne soit pas trop pressée.
- La mort est comme un tigre caché dans les herbes.
- Les bêtes, qui ne savent pas qu’elles doivent mourir, ne rient pas. Nous savons que nous allons vers la mort et, face à cette occurrence inéluctable, nous n’avons qu’un instrument : le rire.