Si l’on considère la mort en elle-même, et si, par la pensée et l’analyse, on dissipe les vains fantômes qu’on y joint sans raison, que peut-on penser d’elle sinon qu’elle est une simple fonction de la nature ? Mais pour redouter une fonction naturelle, il faut être un véritable enfant.

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Pensées pour moi-même (1876), livre II, 12

Dans l’œuvre
… Comment des objets si frivoles, si méprisables, si décousus, si périssables et si parfaitement morts, pourraient-ils occuper notre intelligence et notre raison? Que sont même les hommes dont les jugements et les suffrages distribuent la gloire? Qu’est-ce que mourir?Si l’on considère la mort en elle-même, et si, par la pensée et l’analyse, on dissipe les vains fantômes qu’on y joint sans raison, que peut-on penser d’elle sinon qu’elle est une simple fonction de la nature? Mais pour redouter une fonction naturelle, il faut être un véritable enfant.Bien plus, ce n’est pas même là une simple opération que la nature accomplit; c’est en outre une opération qui lui est éminemment utile. Comment l’homme entre-t-il en rapport avec Dieu? Par quelle partie de son être? Et en quoi cette partie de l’homme doit-elle alors se modifier?
Édition consultée
trad. Jules Barthélemy-Saint-Hilaire
Vérifiée le
13 octobre 2026
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  1. C’est l’usage du concept qui nous rend maîtres de nos frayeurs. Nous disons : la Mort – et cette abstraction nous dispense d’en ressentir l’infini et l’horreur.
    Source vérifiée Précis de décomposition (1949), Visage de la décadence
  2. Mais la mort ne peut être imaginée, puisqu’elle est l’absence d’images. Elle ne peut être pensée, puisqu’elle est l’absence de pensée. Il faut donc vivre comme si nous étions éternels. Ce qui, pour chacun de nous, mais pour lui seul, est vrai.
    Source vérifiée Ce que je crois (1952)
  3. Seul penser la mort apprend à vivre ; ce qui se lit aussi à l’envers : seul penser la vie apprend à mourir.
    Source secondaireContre-histoire de la philosophie II. Le christianisme hédoniste (2006), p. 261
  4. Il y a toujours, après la mort de quelqu’un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de se résigner à y croire.
    Source vérifiée Madame Bovary (1857), Troisième partie, chapitre 9
  5. La mort, c’est la fin des opinions. Mourir, c’est troquer nos opinions contre un point de vue. (Imprenable, le point de vue !).
    Source vérifiée Messieurs les enfants (1997)
  6. Certes, si le corps se décompose, la pensée, elle, ne meurt pas.
    Matoub Lounès
  7. Quand on regarde longuement un mort, on finit toujours par discerner d’imperceptibles mouvements sur son visage. Cette illusion doit tenir au fait que nous n’arrivons pas à nous résigner à son irrémédiable immobilité.
    Source vérifiée Madrapour
  8. Toute pensée est vivante à condition qu’elle s’échange, elle n’est pas figée ou bien elle est morte.
    Laurent Binet Source vérifiée La septième fonction du langage, Ed. Grasset
  9. Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement.
    Source à vérifierSecond manifeste du surréalisme (1929)
  10. Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. (…) Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.
    Source vérifiée Moi, Tituba sorcière, éd. Gallimard
« Si l’on considère la mort en elle-même, et si, par la pensée et l’analyse, on dissipe les vains fantômes qu’on... » — Marc Aurèle

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Marc Aurèle. (1876). Pensées pour moi-même (livre II, 12). Édition consultée : trad. Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.
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Marc Aurèle. Pensées pour moi-même. 1876, livre II, 12.
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Marc Aurèle. Pensées pour moi-même. 1876. livre II, 12. Édition consultée : trad. Jules Barthélemy-Saint-Hilaire.