Il y a toujours, après la mort de quelqu’un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de se résigner à y croire.
Écrivain, 1821-1880 Image : Nadar, Domaine public, Wikimedia Commons Il y a toujours, après la mort de quelqu’un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de se résigner à y croire.
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Source vérifiée
Madame Bovary (1857), Troisième partie, chapitre 9
Le texte original diffère de quelques mots.
I ly a toujours, après la mort de quelqu’un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de se résigner à y croire.Mais, quand il s’aperçut pourtant de son immobilité, Charles se jeta sur elle en …
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Nous ne comprenons ce qu’est la mort qu’en nous rappelant soudain la figure de quelqu’un qui n’aura été rien pour nous.
Quand on regarde longuement un mort, on finit toujours par discerner d’imperceptibles mouvements sur son visage. Cette illusion doit tenir au fait que nous n’arrivons pas à nous résigner à son irrémédiable immobilité.
La mort, si nous voulons nommer ainsi cette irréalité, est la chose la plus redoutable.
Si l’on considère la mort en elle-même, et si, par la pensée et l’analyse, on dissipe les vains fantômes qu’on y joint sans raison, que peut-on penser d’elle sinon qu’elle est une simple fonction de la nature ? Mais pour redouter une fonction naturelle, il faut être un véritable enfant.
Pourquoi après une mort, y a-t-il un espace systématique de mensonge sur la vertu et la valeur du disparu ? Pourquoi ce qui valait avant ne vaudrait-il pas après ?
Le plus grand témoignage d’amour qu’on puisse donner à un mort, c’est de n’y pouvoir plus penser.
La mortification lui rend la mort familière ; le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps, il n’a point de peine à s’en séparer ; il a déjà depuis fort longtemps, ou dénoué ou rompu les liens les plus délicats qui nous y attachent.
La mort fait ou défait un grand homme ; elle l’arrête au pas qu’il allait descendre, ou au degré qu’il allait monter : c’est une destinée accomplie ou manquée…
Lorsqu’on a pénétré le fond des choses, la perte des illusions amène la mort de l’âme, c’est-à-dire un désintéressement complet sur tout ce qui touche et occupe les autres hommes.
Cet affranchissement et cette séparation de l’âme d’avec le corps, n’est-ce pas cela qu’on appelle la mort ?

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