Quand on regarde longuement un mort, on finit toujours par discerner d’imperceptibles mouvements sur son visage. Cette illusion doit tenir au fait que nous n’arrivons pas à nous résigner à son irrémédiable immobilité.
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Madrapour
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- Édition consultée
- Editions du Seuil, 1992
- Vérifiée le
- 15 octobre 2026
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Il y a toujours, après la mort de quelqu’un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de se résigner à y croire.
Source vérifiée Madame Bovary (1857), Troisième partie, chapitre 9 Ce n’est pas très gai de se suffire à soi-même. On marche sur les morts. On contemple son destin face à face, sans aucun voile comme font les imbéciles.
Source à vérifierComme un voleur (1947) C’est l’usage du concept qui nous rend maîtres de nos frayeurs. Nous disons : la Mort – et cette abstraction nous dispense d’en ressentir l’infini et l’horreur.
Source vérifiée Précis de décomposition (1949), Visage de la décadence La mort est le compagnon fidèle de l’alpiniste. On y pense sans cesse, on la côtoie, il faut s’y habituer.
Si l’on considère la mort en elle-même, et si, par la pensée et l’analyse, on dissipe les vains fantômes qu’on y joint sans raison, que peut-on penser d’elle sinon qu’elle est une simple fonction de la nature ? Mais pour redouter une fonction naturelle, il faut être un véritable enfant.
Source vérifiée traduction (1876), livre II, 12 L’humanité projette inconsciemment son désir de survivre dans la chimère des choses jamais connues, mais cette chimère ressemble à la mort.
La mortification lui rend la mort familière ; le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps, il n’a point de peine à s’en séparer ; il a déjà depuis fort longtemps, ou dénoué ou rompu les liens les plus délicats qui nous y attachent.
Source vérifiée Oraison funèbre du père Bourgoing On a mal regardé la vie, quand on n’a pas aussi vu la main qui tue en gant de velours.
Source secondairePar-delà le bien et le mal (1886) Si l’on rêve intensément à une chose, on finit toujours par la voir prendre corps.
Source vérifiée La Cathédrale de haine (1956) On ne s’habitue pas vite à la mort des autres. Comme ce sera long, quand il nous faudra nous habituer à la nôtre !
Source vérifiée Journal : 1887-1910

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- Robert Merle. (s.d.). Madrapour. Édition consultée : Editions du Seuil, 1992.
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