Mourir, ce n’est jamais que contraindre sa conscience, au moment même où elle s’abolit, à prendre congé de quelques quartiers physiques actifs ou somnolents d’un corps qui nous fut passablement étranger puisque sa connaissance ne nous vint qu’au travers d’expédients mesquins et sporadiques.
Image : Mourir, ce n’est jamais que contraindre...

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- Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.
- Ma mort est comme une sentinelle, lasse de tout ce qu’elle a pris.
- Si l’on envisage la mort elle-même, et si, divisant sa notion, on en écarte les fantômes dont elle s’est revêtue, il ne restera plus autre choses à penser, sinon qu’elle est une action naturelle. Or celui qui redoute une action naturelle est un enfant.
- Faire son deuil, c’est lancer une poignée de vie dans les yeux de la mort. On sait qu’elle n’en sera aveuglée qu’un bref instant, mais cela fait du bien.
- La mortification lui rend la mort familière; le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps, il n’a point de peine à s’en séparer; il a déjà depuis fort longtemps, ou dénoué ou rompu les liens les plus délicats qui nous y attachent.
- Elle avait du mal à envisager l’existence d’un paradis et d’un enfer éternels - la vie ressemble déjà assez à une condamnation, que cette condamnation se poursuive après la mort paraissait absurde et injuste.
- La mort est une amie pour les vivants qu’elle libère...
- La mort, c’est un sommeil où l’individualité s’oublie.
- Cet affranchissement et cette séparation de l’âme d’avec le corps, n’est-ce pas cela qu’on appelle la mort ?
- Sans doute la mort est-elle l’expérience humaine essentielle et faudrait-il s’y préparer à chaque minute de sa vie ?
- Quand on regarde longuement un mort, on finit toujours par discerner d’imperceptibles mouvements sur son visage. Cette illusion doit tenir au fait que nous n’arrivons pas à nous résigner à son irrémédiable immobilité.
- Le deuil est une convalescence. Le repos de l’être absent devient notre propre repos. Il y a de la contagion dans la mort.
- Étonnant, cette manie qu’a la nature de tuer tout ce qui est vivant et de laisser vivre tout ce qui est mort.
- Il y a toujours après la mort de quelqu’un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de s’y résigner à y croire.
- Ce qui s’en va à notre mort est le meilleur de nous-même : les débris de notre innocence, les bienfaits de nos larmes et de nos rires, les caresses que nous avons su offrir, l’amour qui a pu échapper aux griffes de notre égoïsme.