Mourir, ce n’est jamais que contraindre sa conscience, au moment même où elle s’abolit, à prendre congé de quelques quartiers physiques actifs ou somnolents d’un corps qui nous fut passablement étranger puisque sa connaissance ne nous vint qu’au travers d’expédients mesquins et sporadiques.

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Source secondaire

Fureur et mystère (1948), Partage formel, partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), p. 71

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Édition consultée
Gallimard, coll. Poésie, 1962
Relevée le
13 octobre 2026
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  1. La mort, c’est un sommeil où l’individualité s’oublie.
  2. La mortification lui rend la mort familière ; le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps, il n’a point de peine à s’en séparer ; il a déjà depuis fort longtemps, ou dénoué ou rompu les liens les plus délicats qui nous y attachent.
    Source vérifiée Oraison funèbre du père Bourgoing
  3. Sans curiosité on meurt et sans courage on ne vit pas.
    Source à vérifierJesuit Joe
  4. Il y a toujours, après la mort de quelqu’un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de se résigner à y croire.
    Source vérifiée Madame Bovary (1857), Troisième partie, chapitre 9
  5. Ma mort est comme une sentinelle, lasse de tout ce qu’elle a pris.
    André Brochu
  6. Ce n’est pas très gai de se suffire à soi-même. On marche sur les morts. On contemple son destin face à face, sans aucun voile comme font les imbéciles.
    Source à vérifierComme un voleur (1947)
  7. Le deuil est une convalescence. Le repos de l’être absent devient notre propre repos. Il y a de la contagion dans la mort.
    Robert Baillie Source vérifiée La nuit de la Saint-Basile
  8. Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. (…) Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.
    Source vérifiée Moi, Tituba sorcière, éd. Gallimard
  9. Faire son deuil, c’est lancer une poignée de vie dans les yeux de la mort. On sait qu’elle n’en sera aveuglée qu’un bref instant, mais cela nous fait du bien.
    Source vérifiée Parfums (2012)
  10. Si l’on considère la mort en elle-même, et si, par la pensée et l’analyse, on dissipe les vains fantômes qu’on y joint sans raison, que peut-on penser d’elle sinon qu’elle est une simple fonction de la nature ? Mais pour redouter une fonction naturelle, il faut être un véritable enfant.
    Source vérifiée traduction (1876), livre II, 12
« Mourir, ce n’est jamais que contraindre sa conscience, au moment même où elle s’abolit, à prendre congé de que... » — René Char

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René Char. (1948). Fureur et mystère (Partage formel, partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), p. 71). Édition consultée : Gallimard, coll. Poésie, 1962.
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René Char. Fureur et mystère. 1948, Partage formel, partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), p. 71.
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René Char. Fureur et mystère. 1948. Partage formel, partie SEULS DEMEURENT (1938-1944), p. 71. Édition consultée : Gallimard, coll. Poésie, 1962.