Elle avait du mal à envisager l’existence d’un paradis et d’un enfer éternels - la vie ressemble déjà assez à une condamnation, que cette condamnation se poursuive après la mort paraissait absurde et injuste.
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- La vie n’était pas si gaie ! La religion a fait de la mort quelque chose de terrible et d’absurde.
- Mourir, ce n’est jamais que contraindre sa conscience, au moment même où elle s’abolit, à prendre congé de quelques quartiers physiques actifs ou somnolents d’un corps qui nous fut passablement étranger puisque sa connaissance ne nous vint qu’au travers d’expédients mesquins et sporadiques.
- Souvent même la crainte de la mort pénètre les humains d’une telle haine de la vie qu’ils se donnent volontairement la mort dans l’excès de leur détresse, oubliant que la source de leurs peines est cette crainte elle-même.
- Il y a toujours après la mort de quelqu’un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de s’y résigner à y croire.
- Il est également absurde de vivre en perdant de vue le paramètre absolue de la mort que de laisser la pensée de la mort prochaine gâcher mon existence.
- A force de côtoyer la mort et le milieu médical, on finissait par se négliger soi-même.
- Là où la vie n’avait aucune valeur, la mort avait parfois son prix. C’est pourquoi les tueurs de primes sont apparus.
- Au fil des mois, la pratique des livres dans laquelle elle n’avait vu à l’origine que le symbole de sa libération et l’instrument d’une revanche sur le destin, finit par se muer en passion toute pure.
- Glissant aux choses religieuses comme par un attirement irrésistible à la pente d’un doux abîme, elle s’abandonnait à l’angoisse et à la langueur d’une conscience absolument découragée.
- Avec la superstition des âmes que la solitude a rendues farouches, elle s’imaginait confusément que tous les actes de sa vie étaient prescrits d’avance par une volonté inconnue.
- Si l’on envisage la mort elle-même, et si, divisant sa notion, on en écarte les fantômes dont elle s’est revêtue, il ne restera plus autre choses à penser, sinon qu’elle est une action naturelle. Or celui qui redoute une action naturelle est un enfant.
- Etre fataliste, ce n’est pas tellement croire en Dieu. C’est bien plutôt une sorte de lassitude, une forme du dilettantisme et un manque presque total de volonté.
- Ma mort est comme une sentinelle, lasse de tout ce qu’elle a pris.
- Il se dit qu’il ne devait pas avoir peur de la mort. Il se dit que ce serait comme un sommeil, éternel et insouciant, un temps blafard sans temps ni rêves.
- Le genre de mort, pas plus que le genre de vie, ne doivent être considérés comme punition ou récompense. La rémunération ne peut être de ce monde.