On ne s’habitue pas vite à la mort des autres. Comme ce sera long, quand il nous faudra nous habituer à la nôtre !
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons On ne s’habitue pas vite à la mort des autres. Comme ce sera long, quand il nous faudra nous habituer à la nôtre !
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Journal : 1887-1910
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Quand on est vieux, on n’a plus la volonté de se fermer.
Les années s’écoulent et elles emportent nos forces et nous amènent les infirmités ; elles nous ôtent pièce à pièce tous nos moyens de plaisir ; elles nous laissent pour nourriture le passé qui est triste, et pour perspective l’avenir qui est court.
Plus longtemps on est en vie et moins longtemps on sera mort.
La mort est le compagnon fidèle de l’alpiniste. On y pense sans cesse, on la côtoie, il faut s’y habituer.
Il faut avoir longtemps vécu pour goûter la mort.
On devient rapidement vieux et de façon irrémédiable encore. On s’en aperçoit à la manière qu’on a prise d’aimer son malheur malgré soi.
On vieillit peut-être plus vite quand on est mort.
Ce n’est pas très gai de se suffire à soi-même. On marche sur les morts. On contemple son destin face à face, sans aucun voile comme font les imbéciles.
À la mort d’un ancien, on est comme sur une écluse : on change de niveau.
Je me dirais : tout ne finit pas pour nous avec la vie, tout rentre dans l’ordre à la mort.

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