Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement.
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- Toute conscience est une conscience de mort et de douleur. - Conscience, conscientia, c’est connaissance partagée, con-sentiment; et con-sentir, c’est com-patir.
- L’être humain pense au futur, au point d’oublier le présent, de sorte qu’il ne vit ni dans le présent, ni dans le futur. Finalement, il vit comme s’il n’allait jamais mourir et il meurt comme s’il n’avait jamais vécu.
- Lorsqu’on a pénétré le fond des choses, la perte des illusions amène la mort de l’âme, c’est-à-dire un désintéressement complet sur tout ce qui touche et occupe les autres hommes.
- II n’y a d’éternellement neuf que l’éternellement vieux. Il n’y a d’inépuisable que les lieux communs. Il n’y a que deux choses qui intéressent : l’amour et la mort. Tout sujet qui sort de l’ordinaire de la vie ne mérite aucune attention.
- L’inquiétude, où s’inscrit l’intolérable décalage entre la réalité et la vie rêvée, cherche sur les quais de départ, dans des amours impossibles, au bistrot, la route des grandes évasions. Mais cette âme entraînée est une âme qui rebondit.
- C’est là, dans le va-et-vient des jours et le fouillis des non-dits, que la vie perd le sens des choses profondes et se réfugie dans le superficiel et le faux-semblant.
- La vie, comme la conscience, est retirée et comme enfermée dans l’unité d’un individu d’où elle tend cependant à se diffuser et à se communiquer, comme si elle rayonnait.
- Votre vie n’est pas à vous, elle n’est pas votre bien, et celui qui vit dans l’instant comment pourrait-il déchiffrer la langue épineuse du temps ? La vie, la mort, la maladie sont de grands fauves, d’intrépides joueuses qui lancent leurs dés sans hésiter.
- Passer de l’opinion à la perception, de l’imagination au fait, de l’illusion à la réalité, de ce qui n’est pas à ce qui est, voilà le cheminement.
- Si l’on envisage la mort elle-même, et si, divisant sa notion, on en écarte les fantômes dont elle s’est revêtue, il ne restera plus autre choses à penser, sinon qu’elle est une action naturelle. Or celui qui redoute une action naturelle est un enfant.
- L’histoire géologique nous montre que la vie n’est qu’un court épisode entre deux éternités de mort, et que, dans cet épisode même, la pensée consciente n’a duré et ne durera qu’un moment.
- La vie quotidienne, si elle est sans compréhension, vous poussera à passer à côté de l’amour, de la beauté, de la mort.
- Sans culture, l’esprit s’use et perd son ressort : une vie imbécile est semblable à la mort.
- Cette imperturbable nature qui nous entoure est muraillée entre deux constantes immuables, la vie écourtée, encerclant la mort à l’infini.
- Il y a toujours après la mort de quelqu’un, comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de s’y résigner à y croire.