Les bêtes, qui ne savent pas qu’elles doivent mourir, ne rient pas. Nous savons que nous allons vers la mort et, face à cette occurrence inéluctable, nous n’avons qu’un instrument : le rire.
Image : Les bêtes, qui ne savent pas...

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- C’est bon de mourir pour quelque chose. De se dire qu’on est un petit grain de sable, c’est tout, mais qu’à force de mettre des grains de sable dans la machine, un jour, elle grincera et elle s’arrêtera.
- Vous voulez tuer l’Injustice, mais vous ne tuez que des hommes. Camus a écrit que l’on condamne à mort un coupable, mais qu’on fusille toujours un innocent. Toujours cet infernal dilemme : l’amour des chiens et l’horreur de la chiennerie.
- Un philosophe grec enseignait que ne pas être né est le plus doux des états. Mais moi je pense que c’est plutôt le sommeil. On est mort et pourtant on est vivant. Il n’y a pas de sensation plus exquise.
- Si l’on ne peut plus rire de la mort, autant se flinguer.
- La mort n’est pas l’ultime vérité. - Elle nous paraît noire, - de même que le ciel nous paraît bleu, - mais elle ne noircit pas plus l’existence - que l’azur céleste ne tâche les ailes de l’oiseau.
- Pourquoi teindre l’autel du sang de tes victimes ? L’animal innocent doit-il pour toi mourir ? Sa mort n’efface pas tes crimes : Celui qui fait le mal doit lui-même périr.
- L’état de l’animal que la mort naturelle va anéantir se rapproche de celui où il se trouvait dans le sein de sa mère, et même celui du végétal, qui ne vit qu’au-dedans, et pour qui toute la nature est en silence.
- Dans la vie courante (qui est la nôtre) il n’y a vraiment jamais de quoi rire à ventre déboutonné, notre corps n’en a pas l’habitude (tandis que ricaner, on sait le faire).
- Nous sommes ici-bas pour rire. Nous ne le pourrons plus au purgatoire ou en enfer. Et, au paradis, ce ne serait pas convenable.
- Notre existence est un point, notre durée un instant, notre globe un atome. A peine a-t-on commencé à s’instruire un peu que la mort arrive avant qu’on ait de l’expérience.
- La mort est d’abord le néant du savoir... "On ne sait pas". Ce sont les premiers mots qui viennent, et qui conviennent.
- Pourquoi donc n’est-il pas possible qu’après la mort nous gardions l’apparence parfaite des vivants, si les vivants peuvent dans le sommeil se faire semblables aux lugubres morts ?
- Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.
- Il paraît que l’on n’apprend pas à mourir en tuant les autres.