Il paraît qu’on n’apprend pas à mourir en tuant les autres.
Écrivain, 1768-1848Il paraît qu’on n’apprend pas à mourir en tuant les autres.
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Mémoires d’outre-tombe (1848), Première partie, livre VII
Le texte original diffère de quelques mots.
Fabre d’Églantine, auteur d’une pièce qui restera, montra, tout au rebours de Desmoulins, une insigne faiblesse. Jean Roseau, bourreau de Paris sous la Ligue, pendu pour avoir prêté son ministère aux assassins du président Brisson, ne se pouvait résoudre à la corde.Il paraît qu’on n’apprend pas à mourir en tuant les autres.
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On n’invite pas la mort, elle s’impose.
Ce n’est pas que le suicide soit toujours de la folie. On dit qu’il y a des occasions où un sage peut prendre ce parti ; mais, en général, ce n’est pas dans un accès de raison qu’on se tue.
L’idée qu’on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l’idée qu’un autre est mort.
Ce n’est pas la peine de se tuer, puisqu’on se tue toujours trop tard.
Mourir ne devrait pas être plus difficile que de naître, mais comment se réconcilier avec sa propre mort ? Vivre, c’est regarder mourir les autres…
La mort apprend à vivre aux gens incorrigibles.
Je sais, par expérience, qu’il vaut mieux ne pas les regarder [les victimes]. Il est plus facile de tuer ce qu’on ne connaît pas.
Ce n’est pas très gai de se suffire à soi-même. On marche sur les morts. On contemple son destin face à face, sans aucun voile comme font les imbéciles.
Ce n’est pas parce que les autres sont morts que notre affection pour eux s’affaiblit, c’est parce que nous mourons nous-mêmes.
À la guerre, on tue non pour tuer, mais pour ne pas être tué.

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