Des jours brisés qu’il se rappelle, il n’est pas sûr qu’il ait souffert, tant sa douleur est naturelle, son sourire est mort l’autre hiver.
Écrivain, 1897-1950Des jours brisés qu’il se rappelle, il n’est pas sûr qu’il ait souffert, tant sa douleur est naturelle, son sourire est mort l’autre hiver.
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la connaissance du soir
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Il demeurait immobile, abruti d’étonnement et de souffrance…
L’étonnant, c’est qu’il ait souffert si longtemps : il usurpait sa vie.
Il n’était même pas sûr d’être en vie puisqu’il vivait comme un mort.
Peut-être qu’il est doux d’être mort. Il ne l’est pas assurément de mourir.
La mortification lui rend la mort familière ; le détachement des plaisirs le désaccoutume du corps, il n’a point de peine à s’en séparer ; il a déjà depuis fort longtemps, ou dénoué ou rompu les liens les plus délicats qui nous y attachent.
Il n’est pas de douleur plus grande que de se souvenir des temps heureux dans la misère.
Qui est mort hier aujourd’hui n’est plus pleuré.
Il n’y a pas de bonheur parfait ! Dit l’homme quand sa belle-mère mourut et qu’on lui présenta la note des pompes funèbres.
Un peu profond ruisseau calomnié la mort.
Je puis mourir, disais-je ; je le devrais même, après tant de honte et de douleur, mais je souffrirais mille morts sans pouvoir oublier l’ingrate Manon.

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