Il n’était même pas sûr d’être en vie puisqu’il vivait comme un mort.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Il n’était même pas sûr d’être en vie puisqu’il vivait comme un mort.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source secondaire
L'Étranger (1942), partie II, chapitre V, p. 180
Cette référence a été relevée par Wikiquote. Nous ne l’avons pas encore confrontée à l’édition imprimée.
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Ne pouvant plus supporter l’idée de la mort, il se tue.
Le fait qu’il soit mort ne prouve pas qu’il ait vécu.
À présent, il n’avait plus aucune certitude sur rien à part celle d’être vivant. Pour lui, c’était la seule et unique vérité sur cette terre : tu étais vivant ou tu étais mort. Le reste n’était que croyances ou constructions de l’esprit.
La mort engloutit l’homme, elle n’engloutit pas son nom et sa réputation.
Ce n’est pas tant l’horreur du meurtre qui l’épouvantait : il avait peur du cadavre.
La mort est un manque de savoir-vivre.
Celui-ci en était arrivé à ce point que la mort lui paraissait préférable à la dure existence qu’il menait.
Peut-être qu’il est doux d’être mort. Il ne l’est pas assurément de mourir.
Il se dit qu’il ne devait pas avoir peur de la mort. Il se dit que ce serait comme un sommeil, éternel et insouciant, un temps blafard sans temps ni rêves.
On ne se prépare pas plus à la mort qu’on ne s’était préparé à vivre.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.