La vieillesse est un décès par petits morceaux.
Écrivain, 1895-1981La vieillesse est un décès par petits morceaux.
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O Vous, Freres Humains
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Un peu profond ruisseau calomnié la mort.
La vie est à peine un peu plus vieux que la mort.
La mort, c’est juste un peu de vie qui bascule, tout-à-coup.
La vieillesse est une tombe où pourrissent l’un sur l’autre nos cadavres d’enfant, d’adolescent et d’homme.
La mort prends les gros richards qui se la pètent, les petits marrants qui contrepètent, et même les qui-sont-bien -montés.
Le dieu père est mort. Et l’Eglise est comme une vieille veuve qui fait du charme vainement à la jeunesse.
Pour qui s’emmerde au trou perdu, la mort du voisin ranime toujours un peu la vie, mettant la joie dans les chaumières où le père noue sa cravate noire des cimetières en fredonnant des javas usées.
La mort elle aussi brille par son absence.
La vieillesse est la vaseline de la crédulité. Quand la mort frappe à sa porte, le scepticisme saute par la fenêtre.
On calomnie la mort tandis que la vieillesse suffit pour disqualifier un homme.

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