Ce que je constate surtout, devant un homme, devant un corps vivant d’homme, c’est qu’il change à chaque seconde, qu’incessamment il vieillit.
Romancier, 1882-1944 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Ce que je constate surtout, devant un homme, devant un corps vivant d’homme, c’est qu’il change à chaque seconde, qu’incessamment il vieillit.
Romancier, 1882-1944 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Amphitryon 38 (1929), acte I
Mercure. — Pas encore.Ce que je constate surtout, devant un homme, devant un corps vivant d’homme, c’est qu’il change à chaque seconde, qu’incessamment il vieillit.Jusque dans ses yeux, je vois la lumière vieillir.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Tel est le changement des scènes de la vie : chaque âge a ses ressorts qui le font mouvoir ; mais l’homme est toujours le même.
Dans un monde où l’on est capable de tout prévoir sauf le trépas, la longévité possède un caractère ludique.
Vieillir c’est se retirer progressivement du monde des apparences.
Un homme âgé n’est plus en devenir social, il est en devenir de vieillissement et de mort, en devenir humain. Il n’a plus à en être, il est au cœur de l’être pur.
À la mort d’un ancien, on est comme sur une écluse : on change de niveau.
On peut tromper la vie longtemps, mais elle finit toujours par faire de nous ce pour quoi nous sommes faits. Tout vieillard est un aveu, allez, et si tant de vieillesses sont vides, c’est que tant d’hommes l’étaient et le cachaient.
La vieillesse qui est une déchéance pour les êtres ordinaires est, pour les hommes de génie, une apothéose.
Un jeune homme qui est incapable de commettre une folie est déjà un vieil homme.
Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps ; on ne peut plus remuer ; on se couche.
On vieillit peut-être plus vite quand on est mort.

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