Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps ; on ne peut plus remuer ; on se couche.
Écrivain, 1768-1848Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps ; on ne peut plus remuer ; on se couche.
Écrivain, 1768-1848Partager sur
Source vérifiée
Mémoires d’outre-tombe (1848), Quatrième partie, livre IX
… que l’éducation finisse sans avoir été virtuellement changée. Peut-être, en s’épargnant la peine de prendre un parti, on s’endormira dans des habitudes chères à la faiblesse, douces à la vie de famille, commodes à la lassitude, suite de longues souffrances.Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps; on ne peut plus remuer; on se couche.Le malheur ressemble encore à l’exécuteur des hautes justices du ciel: il dépouille les condamnés, arrache au roi son sceptre, au militaire son épée; il ôte le décorum au noble, le cœur au soldat, et les renvoie dégradés dans la foule.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Le vrai mal de la vieillesse n’est pas l’affaiblissement du corps, c’est l’indifférence de l’âme.
La vieillesse nous attache plus de rides en l’esprit qu’au visage ; et ne se voit point d’âmes, ou fort rares, qui en vieillissant ne sentent l’aigre et le moisi.
La vie n’est qu’une longue perte de tout ce qu’on aime. On laisse derrière soi une traînée de douleurs. Le destin nous ahurit par une prolixité de souffrances insupportables. Après cela, on s’étonne que les vieilles gens rabâchent.
On devient rapidement vieux et de façon irrémédiable encore. On s’en aperçoit à la manière qu’on a prise d’aimer son malheur malgré soi.
Vieillir. La vie qui s’étire tristement.
C’est terrible d’allonger la vie en prolongeant seulement la vieillesse.
La vieillesse s’oublie car le cœur ne change guère, et plus on vieillit, plus on a d’aventures pour s’engaillardir.
La vieillesse n’est autre chose que la privation de folie, l’absence d’illusion et de passion.
Le corps est la source de l’horreur chez les êtres humains. C’est le corps qui vieillit ; c’est le corps qui meurt.
Les maux du corps donnent l’idée de la mort, les peines de l’âme, celle de l’éternité !

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.