La forêt bruissait. Au printemps, elle avait procréé comme jamais. Le silence des années de désertion animale, de famine humaine, était un lointain souvenir. La vie, de nouveau, mettait la mort au sol.
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- La guerre essaya de nous tuer durant le printemps. Nous mangions, et la guerre jeûnait, se nourrissant de ses propres privations. Elle faisait l’amour, donnait naissance, et se propageait par le feu.
- Le printemps naît chaque fois que rit une jeune fille et meurt chaque fois que pleure un enfant.
- Un écrit lié au temps est comme un sentier dans la neige : on ne s’en sert qu’en hiver; le printemps l’emporte et en été il n’existe plus, on n’en a pas besoin, alors on l’oublie.
- Le printemps est venu : comment, nul ne l’a su.
- Lorsque le nénuphar, à force de grossir, a occupé la surface de l’étang, il finit par étouffer et crever. C’est donc la transformation du monde en vaste zone de misère qui est l’avenir de l’humanité.
- Dans la grisaille du présent, nous attendons un jour nouveau, une vie nouvelle, un printemps nouveau, une rédemption, un rachat, une revanche, une révolte.
- Changement climatique, catastrophes écologiques, pression démographique : c’était le siècle de tous les dangers, disaient certains, qui allaient jusqu’à le qualifier de "goulet d’étranglement de l’humanité".
- Qui n’a pas rêvé, à un moment donné, d’effacer la vie ? L’embêtant c’est que la vie, il faut la vivre à la file. Ça commence et, à partir de là, ça tire du long jusqu’à la fin. On ne peut pas choisir.
- La mort fauche sans cesse (la plante et l’insecte meurent à la fin de l’été, l’animal et l’homme au bout de quelques années), et pourtant les végétaux, les animaux, les insectes et les hommes continuent toujours d’exister, toujours recommencés.
- Un printemps meurt, en vient un autre Et tout change, et tout est pareil Le bonheur n’est pas le nôtre Pas plus que le soleil Écoute, écoute dans le monde Cet orchestre de coeurs battants De partout ils se répondent Depuis combien de temps ?
- Le printemps maladif a chassé tristement - L’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide.
- Les clous, les sociétés, les sentiments peuvent se rouiller à la longue. Pas ma mère. Elle était un arbre, cerclé dans une cour de prison, mais que le moindre souffle de printemps pouvait faire bourgeonner et fleurir avec luxuriance.
- Il faut dire : La crasse du tympan et non Le sacre du printemps.
- Gardons-nous, pourtant, de trop céder à la tentation de la généralisation. Dans la pire des époques, sous la condition la plus vile, la femme a vu chaque année naître le printemps.
- La pensée que l’humanité était perdue presque tout entière l’effleura soudain : dès l’éveil des sens, le démon reprenait ses droits, et seuls les enfants et quelques saints voyaient Dieu en paradis; tout le reste brûlait sans fin, brûlait à jamais.