La pensée que l’humanité était perdue presque tout entière l’effleura soudain : dès l’éveil des sens, le démon reprenait ses droits, et seuls les enfants et quelques saints voyaient Dieu en paradis; tout le reste brûlait sans fin, brûlait à jamais.
Image : La pensée que l’humanité était perdue...

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- Nous nous verrons tels que nous sommes lorsque nous paraîtrons devant Dieu. Ce sera un moment terrible, dans la lumière de la vérité et de l’amour.
- Il y a dans le monde une insondable mélancolie qu’on ne découvre que dans la solitude, à certaines minutes comme celles-là. Les hommes aiment à la tromper, mais elle est au fond de tout, et c’est le regret du paradis que nous avons perdu.
- Avec la superstition des âmes que la solitude a rendues farouches, elle s’imaginait confusément que tous les actes de sa vie étaient prescrits d’avance par une volonté inconnue.
- Il me vient cette pensée affreuse que j’ai renoncé au paradis et que je suis en train de piétiner aux portes de l’enfer.
- On ne peut pas penser quand on est amoureux. On est trop occupé à brûler sa maison. On ne garde aucune pensée pour soi. On les envoie toutes vers l’aimée, comme des colombes, comme des étoiles, comme des rivières.
- La pensée ne peut pas sortir de l’existence; le passage à l’existence est quelque chose de radicalement impensable, quelque chose qui n’a même aucun sens, ce que nous appelons ainsi est une certaine transformation intra-existentielle.
- Il en va ainsi de la vie. Elle n’a de foi qu’en elle-même. Quand aucune pensée ne l’entrave elle va contre toute raison sans autre but que d’être encore, un jour, une heure, un pas de plus.
- Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, des flammes. A en croire les religions, dieu est né rôtisseur.
- Dieu se manifeste, il nous guide la distance d’une lieue, puis il laisse tomber. Et tout alors demeure pire qu’avant. Cette vie est la tête à l’envers, personne ne peut mesurer ses cueillettes et pertes.
- Dieu fut pris au dépourvu à l’instant où nous fumes surpris de pouvoir penser par nous-mêmes.
- Le problème de la béatitude éternelle est un de ceux dont la solution n’est connue que de Dieu dans l’autre vie. Lci-bas, des poëles sublimes ont éternellement ennuyé leurs lecteurs à la peinture du paradis.
- Le jour s’éveillait et à sa blancheur première le village s’éveillait avec ses mille bruits. Devant ce contraste de vie et de mystères, de lumière et de ténèbres, je méditai un moment : «Mon Dieu, comme les morts restent seuls ! ».
- Le paradis perdu s’incarne dans l’homme, irrémédiablement.
- Quand l’enfant qui était votre lumière disparaît sans laisser de traces, lorsque vous savez que plus jamais vous n’entendrez sa voix, votre existence n’est plus qu’enfer...
- Ma vertu, mon bonheur, hélas ! Tout est décombres ! Tout est deuil ! Dans les coeurs où ses flammes ont lui L’amour ne laisse donc que ruine après lui ? De tout cet incendie il reste un peu de cendre. Il ne m’aime donc plus !