Un moustique dure une journée, une rose trois jours. Un chat dure treize ans, l’amour trois. C’est comme ça. Il y a d’abord une année de passion, puis une année de tendresse et enfin une année d’ennui.
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L'amour dure trois ans
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Pour l’amour, un mois est un siècle de fermentation ; les pensées, les désirs, les exigences errent, changent, se combattent les uns les autres.
La vie d’un roman est le plus souvent de trois mois, tandis qu’un livre de poèmes, on le prend, on le lit, on le laisse, on le reprend, ça dure longtemps, très longtemps…
Plus vieux que l’an dernier de douze mois, toujours plus seul, plus accablé du poids Des jours perdus dans mon âme marrie, manteau couleur de la feuille flétrie, dans la forêt j’erre comme autrefois, quand vient Novembre.
La mort fauche sans cesse (la plante et l’insecte meurent à la fin de l’été, l’animal et l’homme au bout de quelques années), et pourtant les végétaux, les animaux, les insectes et les hommes continuent toujours d’exister, toujours « recommencés ».
La jeunesse supporte l’orage des passions, mais la vieillesse y succombe : ainsi l’aquilon emporte en automne la feuille qu’il balançait gracieusement durant l’été.
Jeux de chat, pleurs de souris.
Mais on finit toujours par s’inventer une manière de faire face à l’absence. Au début, on compte les jours puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l’on se résout à admettre que le décompte se fera en années ; alors on commence à ne plus compter du tout.
La vie est longue, un long amour paisible est rare, et la suprême volupté, c’est de vieillir à deux avec intelligence, tendresse et goût.
L’homme, le matin, il tousse, il crache. Le midi, il pète, il rote. La nuit, il ronfle, il bave et le reste du temps, il se gratte les couilles.
Bonne année : Charmante coutume, qui fait qu’un jour par an, on souhaite bonheur, santé, prospérité et longue vie à des gens que, les trois cent soixante-cinq autres jours, on laissera – s’ils n’ont pas trop mauvaise haleine – crever la gueule ouverte.

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